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  • A deux

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    Avoir un enfant était une évidence, un autre une nécessité, un troisième un cadeau, un quatrième, j’aurais bien aimé

    Nos grands-mères avaient des enfants, rapprochés, non désirés, ils étaient livrés à eux-mêmes, on les laissait souvent seuls avec leur souffrance, ils devaient devenir rentables, travailler très vite, se soumettre aux rythmes, aux manques, à la dureté de la vie

     

    Les premières années demandent beaucoup de disponibilité, gérer son travail, le quotidien, les relations, les loisirs.

    J’ai eu beaucoup de chance, j’ai pu m’arrêter à chaque naissance, bercer mes bébés, les voir ouvrir les yeux le matin, prendre le temps du biberon câlin, les promener, les laisser jouer, découvrir, explorer.

    Je n’étais pas une mère animatrice, j’étais une mère disponible, conciliante, mettant plein de chose à disposition, des coins partout, des animaux, des espaces pour eux partout dans la maison

     

    Jérôme n’est pas abonné aux 35 heures

    Il fait ses 50 heures hebdo, rentre vers 20h le soir depuis des années

    Je me suis occupée des enfants, des séances de kiné, des rendez de profs, des achats de rentrée, des inscriptions, des goûters avec leurs copains,

    C’était un travail, je peinais parfois, rarement car plutôt bien organisée, jamais tracassée par des problèmes d’argent

    J’aurais aimé parfois un peu plus de relais, j’étais très bien entourée par mes amies toujours prêtes à aider en cas de besoin

     

    Mais Jérôme rentre tous les soirs, emmène les enfants à l’école le matin, est présent quand il peut, proche de nos enfants

    Il ne part jamais en déplacement, chaque soir mon homme est à mes côtés, chaque jour les enfants attendent leur père et le retrouvent

     

    Il est là, bien présent

     

    Je pense souvent aux femmes seules qui gèrent la totalité du quotidien, à leur doutes, à leur courage, je ne pourrais pas …

    Je pense aussi aux pères seuls, confrontés à donner, à être au top, souvent soumis aux regards des autres, je les admire

    Je pense aussi à tous ceux et celles qui sont sur la corde raide, pris entre l’envie de partir, de lâcher prise..

     

    J’ai de la chance, nous avons cette chance …d’être deux dans l’aventure de parents.