09.02.2010
Achats délirium ...

Parce que j’avais besoin de choses précises, je me décide à retourner dans cette boutique que j’avais déserté depuis quelques années
Je demande les accessoires qu’il me faut, la vendeuse se montre très avenante
Elle déballe ses boites, me paraît un peu nerveuse, mais je n’y prête pas attention
Elle commence à me parler des prix, un peu excitée, elle parle sans cesse, avec un débit impressionnant
Dans la rue un chien aboie
« Attendez, excusez-moi « , crie t’elle
Je continue calmement mes recherches
Elle hurle après son chien
« vous connaissez pas mon chien, venez voir « me crie t’elle
( mais j’ai autre chose à faire ..)
je jette un œil sur son toutou et repars à mes activités
Elle me soutiens que ses prix sont les meilleurs de la région, et que ses fournisseurs sont de plus ne plus chers
« Vendre ça, à ce prix là, et ben, excusez l’expression, ça me troue le c….. »
Oups, je ravale ma salive, reste polie mais je suis quand même choquée par ses propos grossiers qu’elle redira à trois reprises, tout en s’excusant
Elle continue, parle, sans arrêt, elle me fatigue..
Un homme entre dans la boutique, un peu louche
Elle va vers lui, complice, elle le renvoie gentiment
« oh je le connais pas plus que ça, ça fait des mois qu’il me dit qu’il va passer, et je lui ai dit que j’avais une cliente «
Ben… oui …
Elle parle de plus en plus fort, hurle après son chien, et c’est à ce moment précis que je prends conscience qu’elle est très alcoolisée
Je suis mal à l’aise, gênée pour elle
Je lui demande un petit conseil et là elle me balance
« Oh ben je vais vous dire, revenez un de ces jours, je vous expliquerai tout, pendant trois heures, parce qu’aujourd’hui, j’ai pas du tout envie de bosser ! «
Je suis muette, je tente de rester polie, mais je sais que je ne vais pas tarder à payer et déguerpir …
Elle me demande si je veux une carte de fidélité, j’accepte, trop lasse pour argumenter autour de ça
Elle commente mon prénom, et c’est reparti pour cinq minutes d’un monologue délirant
Je n’en peux plus, je suis mal pour elle, me dit que sa boutique est déserte, qu’elle va s’endetter, qu’elle va perdre son boulot, que le commerce ça se gagne, et me voilà soudainement pleine de compassion pour elle
Elle est jeune, elle pourrait être ma fille, presque …
Je quitte le magasin tourmentée
pauvre fille..
06:00 Ecrit par Jeanne dans aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
08.02.2010
Les vestiaires
Au collège, les vestiaires des salles de sports étaient exigus
Nous devions nous changer avant le cours de gymnastique qui lui seul était déjà un vrai cauchemar
Je posais mes affaires sous le banc à lattes de bois, une immonde odeur d’humidité, de sueur et de caoutchouc me donnait la nausée
J’étais incapable de me dévêtir devant les autres, j’avais honte, honte de ne pas être à l’aise comme elles
Mon survêtement était roulé en boule dans un sac qui n’avait pas d’allure
Les filles étaient à l’aise, elles étaient fières de leur poitrine naissante, de leur soutien gorge à dentelles, fières de montrer aux autres leur corps mutant
Le mien était un boulet que je traînais depuis des années
J’étais pudique, je ne voulais rien montrer, rien, absolument rien
Ma mère n’avait jamais abordé cette question clairement, elle se moquait de nous parfois, mais avait en elle-même un rejet traumatique de la nudité
Tout cela était confus, je me renfermais sur moi-même, farouche, secrète
Mon esprit petit à petit s’éveillait aux sens, mais ce corps restait comme une armure
J’ai alors compris que je devrais vivre avec ça, au fil des ans, je mûrissais, prenant les choses sans obligation, cela m’appartenait, je n’attendais pas de conseils, n’acceptais aucun reproches, c’était mon corps, rien ni personne n’allait m’obliger à ces collectifs.
Je fuyais les vestiaires, la piscine, les douches collectives
Etrangement je retrouve ces vestiaires, qui portent un nom plus délicat : les loges
Avant nos spectacles, nous devons mettre nos tenues de scène et j’ai repensé à ces temps maudits de l’adolescence
Je me sens tellement plus libre, enfin sortie de cette cotte de fer
Il arrive même que nous devions nous changer hommes et femmes dans la même pièce.
J’ai conscience que cela peut gêner certaines personnes, qui auront besoin de s’isoler, je peux enfiler une chemise sans le poser de questions, n’allant pas chercher à savoir si quelqu’un a les yeux rivés sur moi, cela me semble futile, je ne regarde pas non plus, je me concentre sur mes affaires, essayant tant bien que mal de ne pas les semer de gauche et de droite
En me rememorant ce passé, je ne peux pas imaginer bons nombres de traumatismes que le collectif a fait subir aux enfants, aux adolescents
Les internats, le service militaire, les douches pour les sportifs
Un vestiaire, c’est un endroit où l’on peut déposer ses affaires, ce n’est pas un lieu d’exhibition
S’il est un domaine où les choses ont changé c’est bien celui du respect du corps de l’enfant et de l’adolescent
Intimité, pudeur, sont des mots qui riment pour tous les âges
Nul n’a le droit d’exiger de l’autre de se montrer, de se dévêtir
Il existe des cabines, des recoins, des séparations
Ils semblent avoir changé ces ados qui n’hésitent pas parfois à se filmer en petite tenue, mais au regards de ces images, ils éprouvent un gène, une honte.
Ils revivent à une autre échelle ces tiraillements, la transformation du corps, tantôt exhibée, souvent inhibée.
06:00 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note
07.02.2010
Pleinement
C’est toujours un peu dur de se replonger dans le quotidien après un petit voyage chantant
Parce que les voix étaient claires, particulièrement harmonieuses
Parce que la proximité des corps, serrés les uns contre les autres donnait au groupe une autre dimension, une fusion.
Parce que j’ai senti Théodore rarement aussi de proche de nous
Parce qu’il y a eu de vrais frissons
Parce que le public donnait des retours, ovationnait, respirait le bonheur
Parce que des choristes sont « increvables «
Après avoir vaguement rôdé près des machines à sous, c’est sur « the dance floor « que nous avons poursuivi
Et ce fut encore une fête, le DJ a vite compris ce qu’il nous fallait pour exploser !
Des seventies, des tubes que nous avons chanté, chanterons en chœur, et nos voix, nos corps se sont lâchés encore, infatigables. après près de trois de spectacle
Je ne compte pas ma fatigue, j’ignore encore d’où me viens cette énergie
Une heure trente de trajet pour le retour
Au matin pas de douleurs lombaires, une voix presque claire
C’est auprès de la rivière que je me ressource
Cette semaine j’ai marché le long des berges …avec mon APN
Parce que la douceur me conforte dans l’idée que le printemps n’est pas loin
Parce qu’un bleu de ciel me donne toute l’énergie dont j’ai besoin pour vivre à fond chaque instant
A fond, pas qu’un peu, pas que par petit bout, pas à moitié, pas en pointillé.
Pleinement …
11:01 Ecrit par Jeanne dans aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
06.02.2010
Saturday night fiever
You hou !!!!!!!!!!
Le grand jour est arrivé
Ce soir Jeanne est de sortie
La Jeanne est à moitié énervée, comme les gamins à la veille de la promenade scolaire
J’ai sorti ma cravate, ma chemise blanche, ma carte d’identité, quelques euros, pas beaucoup …
A 16 H je prends le car pour Bagnoles avec les copains !
Que Vas donc faire la Jeanne à Bagnoles ?
Black Jack, roulette, baccarat, tapis vert et machines à sous, nous voilà embarqués au casino ( pas le supermarché y’a pas cette enseigne par chez nous )
Vous savez que je ne suis pas joueuse, que je n’aime pas dépenser, alors Jeanne que vas tu donc au faire dans un casino ?
Et ben du show, du spectacle, la scèèèèèèèèèèèèèèèèène !
Nous serons serrés, tous proches les uns des autres, notre Théodore risque de faire un pas de trop et tomber dans le public
Je suis contente, contente, ravie, j’aime les lieux insolites et les casinos me donnent un léger pincement au cœur
Qui sait peut être qu’un jour notre chœur se produira à Deauville ?
09:57 Ecrit par Jeanne dans aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
05.02.2010
Un bol en Pyrex transparent sur un torchon plié en trois
Ma mère posait sur la table en formica jaune de la cuisine un bol en Pyrex transparent sur un torchon plié en trois
Elle cassait l’œuf, récupérait le jaune et donnait le blanc à Tarzan qu’il lapait goulûment
Elle avait disposé ses ingrédients autour du bol, l’opération pouvait commencer
Je m’asseyais au bout de la table, je savais ce qu’elle préparait, c’était un ravissement, si jamais j’étais un peu loin, elle m’appelait pour me prévenir que le rituel était commencer
Elle versait un filet d’huile, très fin et à l’aide de son fouet à manivelle elle brassait le jaune et l’huile en douceur
L’opération était délicate au commencement, elle s’appliquait
Petit à petit un mélange magnifique et divin prenait forme, c’était onctueux, elle rajoutait un peu de vinaigre, du sel et du poivre,
La mayonnaise était prête
Son dernier geste était pour moi
J’avais le droit de lécher le fouet, les restes de cette précieuse sauce
J’adorais ça, c’était une pure folie, même si je ressentais le goût métallique du fouet, je me régalais
Quand ma mère nous servait un râtelet( rôti de porc) avec des frites et de la mayonnaise, c’était absolument exquis, il n’y avait rien de plus fabuleux, le goût, la consistance …
Parfois je mangeais trop de mayonnaise, alors dans la nuit j’étais malade, trop goinfre, les jaunes œufs étaient riches
Je vomissais, me jurais que je ne mangerais plus de mayonnaise
Triste résolution qui ne tenait pas deux heures
J’aime toujours autant la mayonnaise, surtout avec les crustacés, j’en raffole !
je la réussis à tous les coups, au fouet, en trois minutes montre en main
J’y mets beaucoup de moutarde et une cuillère de fromage blanc pour alléger
Je n’en fais presque jamais, pour m’alléger et conserver ma taille de guêpe
Elliot est accroc à la mayonnaise
Il en mangerait un saladier rempli
Lors des repas en famille, nous réquisitionnons un bol que nous plaçons entre nous, celui ci est censé ne pas bouger
Parce que si par malheur quelqu’un le déplace nous sommes contraints indéfiniment de poser cette fatale question
« Ou est la mayonnaise ? «
et dans le vacarme infernal de la tablée familiale, rien ne nous assure d’avoir une réponse avant que le café soit servi
nous sommes avisés et imparables dans ce domaine …
plus jamais malade non plus ..
09:06 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (45) | Envoyer cette note
04.02.2010
Laura , Sabrina , Natacha ....
1985 1986, mes études se terminent, je commence à travailler, en centre de vacances l’été, puis dans une école primaire
les fillettes ont 6 ans, un peu plus, elles sont nées en 1980, chiffre rond, les années 80
Il est trop tard pour qu’elles se trémoussent sur Abba, elles sont fans de Jeanne Mas, de Madonna et de François Feldman
Leurs mères ont souvent jeté un œil sur les sit com, les séries américaines, cela leur a donné des idées de prénom
Les fillettes se nomment Sabrina, Laura, Vanessa, Natacha, Laetitia, …..
Elles sont délurées, joyeuses, coquettes, un peu vulgaires parfois,
Sans le savoir le phénomène des lolita des années 90 les guette
Les mère les voudraient ado avant l’heure, elles jettent socquettes et sandalettes, elles ne s’appellent pas Colette, Josette ou Bernadette
Vingt cinq années ont passé, les fillettes ont fait des études, parfois échoué, elles ont fait des bébés, sont installés dans une vie qui semble bien leur convenir
Les fillettes sont devenues des femmes
Je fais le tour de la table de ce groupe de stagiaires
Je regarde leurs prénoms
Elles se nomment Laura, Sabrina, Natacha …
Les souvenirs reviennent dans ma tête
Cela ne me renvoie à mon passé, aucun regrets, je n’ai pas trop vieilli, elles ont trente ans, la place que j’occupe devant elle est logique
Je dois leur transmettre des choses
Elle décorent les chambres de leurs filles avec Hello Kitty, elle n’ont pas connu les posters de David Hamilton,
Elles n’ont jamais entendu parler de Françoise Dolto, la grande pédagogue pour elles, c’est Super Nanny
Elles sont modernes, dynamiques, internautes, assez sûres d’elles, un petit peu trop parfois..
Je leur parle de l’émancipation des femmes, de la régulation des naissances, elles ouvrent des yeux ébahis
Elles n’ont peut être jamais chanté Maxime Leforestier
Elles imaginent que les couches lavables datent du moyen âge
Elles n’ont pas eu à pleurer Claude François ou Balavoine , ignorent que Travolta a fait ses débuts dans « Carrie «
Elle ont encore leurs grands-mères
Leurs grands-mères s’appellent Josette, Colette, Yvette ou Bernadette
Elles ont écouté Dolto et Ménie Grégoire
06:00 Ecrit par Jeanne dans aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note
03.02.2010
Le maringoin
En 1995, nous avons fait un voyage au Québec avec Jade et Romain
C’était une escapade paisible, itinérante, sous un soleil de plomb
Après Montréal et Québec nous avions poursuivi notre route dans un village habité par les amérindiens
Les moustiques étaient redoutables, les maringouins comme on dit la bas
L’un d’eux m’avait sauvagement attaqué au mollet et celui ci avait triplé de volume en une journée
C’était un peu douloureux et pénible cette allergie et je redoutais qu’un insecte maléfique me pique au visage
Brutalement Jade s’approche de moi, et me dit, oh y’en a un là, sur ta joue
« Au secours, je vais gonfler !! «
rien ne se passa 
Dans la nuit je fus réveillée par un drôle de sensation, mon œil était fermé, je sentais ma peau tirée
je me lève en douce et me dirige vers la salle de bain, allume la lumière et devant le miroir
‘rhaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !!!!! «
a monster , a freak in front of me
Je me retiens de brailler, pour ne pas réveiller la chambrée et me rendors péniblement
Au matin, Jérôme découvre avec stupeur le visage de son épouse défiguré, pousse un cri à peine contenu
C’était pas beau à voir, ma joue était gonflée, ma paupière énorme, mon œil fermé, la sensation désagréable
Mais je ne m’inquiétais pas plus que ça, me disais que le mal était fait
Les commentaires de Jade et Romain allaient bon train, et nous avons vite pris le parti d’en rire !
Je n’ai pas quitté mes lunettes de soleil pendant deux jours, même dans l’hôtel et les magasins, au risque de me faire passer pour une pétasse, je préférais épargner nos amis de la belle province d’un tel spectacle
Deux jours plus tard, mon faciès est revenu à la normale, je n’ai plus jamais eu ce genre de désagréments
Même pas eu peur
Même pas eu l’idée de me faire réapatrier pour si peu
08:47 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note
02.02.2010
La vérité vraie
1 / en 1983, j’ai passé le bac pour les première fois, j’ai obtenu 1/20 en histoire Géographie
Vrai : une vraie claque, un mythe s’effondre hein mon Didou ?
J’ai donc eu 1 aux deux devoirs, je pense que je n’avais pas révisé assez et que j’ai mis une énormité
Du coup je fus calée au premier tour
Pour me redonner confiance j’ai obtenu 15 à mon mémoire de psycho péda à mon Diplôme d’Etat
Ça tombe bien, j’aime mieux la pédagogie que l’histoire
2/ Je compte parmi mes amis un ancien ministre
Faux :il ne l’est pas encore, je vous ferai signe quand on le verra à Matignon
3/ Je suis passée plusieurs fois à la télévision
Vrai : dans le public mais ça compte
Une première fois au festival « jazz sous les pommiers « à Coutances, et les autres fois sur les plateaux
J’ai participé à plusieurs enregistrements d’émissions avec Louis et Jérôme, quand on était foufous et j’ai fait la surprise d’y emmener Ellen pour ses dix ans
Je ferai un billet là dessus un de ces jours
4/ Au Québec, j’ai été attaquée et piquée par un maringouin à la paupière
j’ai gonflé, je ressemblais à Coluche dans Banzaï( Jérôme a hurlé en me voyant au petit matin
Vrai :Je vous raconte ça demain en détails dans le billet de demain
5/ Quand j’étais jeune, j’ai participé à un radio crochet, j’ai gagné le deuxième prix, une place pour aller voir Carlos ( le chanteur, pas le terroriste ! )
Faux :je ne suis pas soliste , j’ai du participer une fois à ce genre de concours , c’était l’époque où les vainqueurs étaient ceux qui avaient des voix fortes et pleines de vibrato
6/ je n’ai jamais consommé d’alcool au point d’être ivre
j’ai toujours su où se trouvait ma limite à ne pas dépasser
Vrai :Craché , juré , je n’ai jamais été ivre de ma vie
Une seule fois, en me levant je ne sentais plus trop mes jambes, j’ai filé au lit vite fait bien fait
Perdre mon contrôle et être malade pour ça, je ne peux pas …
7 / à ma naissance, j’étais jumelle et je pesais 3, 300 kg
Mon jumeau faisait 200 gr de plus.
Vrai : ma mère était très fière, les sages femmes venaient nous admirer en disant
« Comme ils sont beaux ! «
Les deux gagnants sont : Betty ( qui est joueuse, mais joueuse !! ) et
Antiblues qui est perspicace
Bravo !
Et merci les autres d’avoir participé !
06:00 Ecrit par Jeanne dans anecdotes | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note
01.02.2010
Amateurs et professionnels
Dans notre département méconnu, les salles se remplissent au gré de nos spectacles, souvent sans aucune affiche, le « bouche à oreille « est suffisant
Plus de 6000 spectateurs auront vu notre « Paris Québec « nous l’auront présenté 11 fois
Cela crée des petites rivalités, jalousies, nous avons accès à de jolies salles, réservées aux professionnels
Nous sommes des amateurs, nous revendiquons notre « culture populaire « sans aucune prétention
Ceux qui viennent nous applaudir ont envie de légèreté, d’émotions, de bonheur, de découvrir, de réentendre des chansons oubliées
Ils viennent parce que les chorégraphies cassent le côté figé des chorales traditionnelles, ils reviennent parce que nous dégageons beaucoup de plaisir communicatif
Le bonheur du "chanter ensemble « comme le dit si bien notre Théodore
Amateurs et professionnels ont tous droit à des salles, des vraies, il n’y a pas de « culture élitiste «
Je voudrais vous parler de nos deux vedettes du moment
Connaissez-vous Fred et Nico ?
Deux jeunes lavallois, qui montent, qui grimpent …
Après avoir donné bon nombre de concerts au printemps dans notre ville, ils ont fait la première partie d’Indochine au Québec
Et les voilà invités il y a quelques jours chez Nagui dans Taratata ( l’émission musicale incontournable qu’ils ont dit ) aux côtés de Robbie Williams
Ces deux lavallois ont un style, une belle vitalité
Et les voilà nommés aux « victoires de La Musique « pour l’album révélation de l’année
Je suis contente, ravie pour eux, ce sont nos artistes locaux
Ils donneront un spectacle à la Salle Po mercredi soir au profit d’Haïti
Leur nom : Archimède
Et vous , quels sont vos artistes locaux ?
06:00 Ecrit par Jeanne dans aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note
31.01.2010
Mensonges et vérités
A la demande de Plume et de Tagada , je me prête au jeu des mensonges et vérités
Parmi les 7 affirmations suivantes, seules deux d’entre elles sont fausses
Tentez votre chance, et jouez à votre tour si vous ne l’avez pas encore fait
1 / en 1983, j’ai passé le bac pour les première fois, j’ai obtenu 1/20 en histoire Géographie
2/ Je compte parmi mes amis un ancien ministre
3/ Je suis passée plusieurs fois à la télévision
4/ Au Québec, j’ai été attaquée et piquée par un maringouin à la paupière
j’ai gonflé, je ressemblais à Coluche dans Banzaï( Jérôme a hurlé en me voyant au petit matin
5/ Quand j’étais jeune, j’ai participé à un radio crochet, j’ai gagné le deuxième prix, une place pour aller voir Carlos ( le chanteur, pas le terroriste ! )
6/ je n’ai jamais consommé d’alcool au point d’être ivre
j’ai toujours su où se trouvait ma limite à ne pas dépasser
7 / à ma naissance , j’étais jumelle et je pesais 3, 300 kg
mon jumeau faisait 200 gr de plus .
Réponses dans deux jours
10:07 Ecrit par Jeanne dans tag | Lien permanent | Commentaires (41) | Envoyer cette note
30.01.2010
Grave de Graves
Je l’ai d’abord croquée en 1998 au pastel sec
Puis acquise un an plus tard
Elle trône majestueusement dans ma cuisine désintégrée
Elle chauffe l’eau pour la tisane, siffle comme une vieille loco pour avertir que son travail est fini
Je lui ai trouvé un peu plus tard, un compagnon
Ce joli sucrier qui l’aide à édulcorer avec parcimonie les senteurs des boissons servies 
Depuis plus de dix ans, elle n’a pas pris une ride ma bouilloire de Graves, je l’aime, comme un bijou, un joli sac, j’aime son élégance, sa tenue, sa ligne
Et hier, miracle, en fouinant par hasard dans le magasin des choses design et hors de prix, j’ai trouvé …………
Regarde ça Eliott, la miniature, le bébé bouilloire, sa réplique exacte , elle-même fabriquée par Alessi
C’est trop beau, génial, j’adore, j’en suis dingue, je n'ai pas pu résister
Tout fonctionne comme la grande, on peut ôter le couvercle, l’oiseau sifflet
C’est un vrai bijou
A l’unanimité cet objet à conquis ma famille
Je dois lui trouver une place pour la mettre en valeur dans la cuisine désintégrée
Jérôme a dit que c’était urgent de la refaire, la robinetterie est totalement déglinguée
Rhaaaaaaaaaaaa !!!!!!!!!!!
Grave de Graves, je suis folle de mes bouilloires !
12:08 Ecrit par Jeanne dans aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note
29.01.2010
Jeanne et les grandes manoeuvres

Lorsque je dois me rendre à un endroit précis, travail, supermarché, école.je prends très souvent ma voiture, parce qu’il n’y a pas de métro dans ma ville, ni tramway, ni cable car, que dans le bus j’ai envie de vomir, et que je suis paresseuse pour utiliser mes pieds tordus
Je ne me gare pas vraiment en arrivant, je pose, je jette mon véhicule tant bien que mal
Les manœuvres, marches arrières, avant, ça m’énerve, ça ne m’intéresse pas, Louis pourra en témoigner
Je prends soin tout de même de ne pas gêner le passage, les stationnements interdits, places réservées aux handicapés, je ne m’y mets jamais
Par contre, je reconnais être souvent de travers, trop près de la voiture d’à côté, un peu dans le milieu de la rue quand je fais un créneau
En ville, je paye rarement le stationnement, je glisse une carte qui m’accorde 30 minutes gratuites et ça suffit
Je ne redoute pas les PV, encore moins la fourrière
Je ne verrouille pas ma voiture non plus, je ne pense pas au vol, encore moins au choc
La voiture est un outil, un accessoire qui rendent mes déplacements plus aisés, en dehors de ça, je n’y accorde aucune importance, tant à l’esthétisme qu’à la puissance
Il n’y a qu’une chose que je redoute, c’est de ne pas serrer le frein à main et retrouver ma voiture en bas d’une rue, ou encastrée dans une autre
Heureusement que je ne vis pas à San Francisco
La conduite m’ennuie, je fais beaucoup de petits déplacements sans intérêts, je ne me pose pas de questions, mais n’accorde pas plus de temps à ce désagrément
Parfois je vois des personnes qui arrivent quelque part, font une marche arrière pour être prêts à repartir, font trois le tour de leur véhicule pour vérifier les éventuels griffures, rayures, vérifient que toutes les portes sont bien verrouillées,
Face à tant de précautions, je me sents écervelée et désinvolte, je fais souvent crisser mes pneus le long des trottoirs, je frôle les murs, je suis incapable de faire une marche arrière sans dériver dans les arbustes, je me retrouve bloquée sur un terre plein, une fois la barre d’un passage à niveau est tombé sur mon capot avant.
J’ai passé mon permis 5 fois
Mais !!!!!!!je n’ai jamais eu d’accident
Si aux hasards de vos promenades, vous apercevez un véhicule posé de travers, bien loin du trottoir, dans une petite ville tranquille au bord de l’eau, vous ressentirez un léger pincement au cœur …
« Jeanne est dans le coin, j’aurai peut être la chance de la croiser et de la bizouter «
10:11 Ecrit par Jeanne dans anecdotes | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note
28.01.2010
Moche d'un jour
Gaëlle et Martine étaient dans ma classe au collège
Elles étaient inséparables, toujours au fond de la classe, elles avaient des habits à la mode ( comme dirait Rose ) alors que moi j’étais fagotée comme l’as de pique
Elles n’étaient pas particulièrement bonnes élèves, elles ne travaillaient pas plus que moi, mais à chaque fois qu’elles étaient interrogées par Madame Dawny, la prof de latin, elles donnaient rarement la bonne réponse, mais cela faisait sourire le professeur
A moi, comme aux autres, elle aurait lancé une vacherie ;à Martine et Gaëlle elle esquivait un sourire complice
Martine était la fille du principal adjoint, les parents de Gaëlle étaient artistes peintres et danseuse, ils se fréquentaient les uns les autres
J’ai vite compris que l’injustice, le favoritisme étaient maîtres en ce temps là
Je n’étais pas jalouse ni mesquine envers ces filles là, je me disais qu’au fond elles avaient de la chance, j’en voulais beaucoup à cette prof, elle était grande, sexy, provocante, elle avait un don inouï pour charmer ses collègues, les ados de quatrième fantasmaient sur ses jambes et ses bottes en cuir
Je n’ai jamais oublié cette femme, et je l’ai souvent revue, réincarnée dans d’autres personnages
Ces femmes, ou hommes, lotis d’une jolie bouille, d’un corps plutôt gracieux, d’un compte en banque bien fourni, qui se regardent avec amour le matin dans le miroir de la salle de bain, de l’ascenseur, dans le retro de leur voiture, se trouvent beaux, jusqu’en oublier que la terre est peuplée d’individus, certes différents les uns des autres mais qui ne méritent pas d’être écrasés comme des mouches
Ils sont parfois capricieux, fondent en larmes ou boudent quand on leur dit « non « , ne comprennent pas que toutes les décisions ne sont pas prises qu’en fonction de leurs désirs, abusent de leurs jolis yeux pour enguirlander les petits chefs
A ceux là, je ne souhaite pas grand mal
Mais juste faire appel à un génie maléfique, qui les transformeront l’espace d’une journée en pauvres femmes laides et rabougries
Dans la peau d’un moche, 24 heures, certains journalistes l’ont fait, dans la peau d’un noir, d’un intouchable, d’un SDF,
Juste pour qu’ils comprennent que le physique, le fric ne donne pas tous les pouvoirs, que bien des gens doivent se battre contre convaincre, que la beauté n’exclue pas la générosité, la compassion et la justice
Allez, pour ces « belles gueules « je suggère une journée dans la peau de Suzan Boyle, pas plus, je ne suis pas revancharde …
Je me demande comment a vieilli cette prof de latin
Elle mélangeait ses parfums, chaque passage dans les couloirs donnait la nausée
Je suis presque sure qu’elle ressemble à quelqu'un ....
06:00 Ecrit par Jeanne | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note
27.01.2010
Ma locomotive
A table avec Jérôme et les enfants nous parlons de ce blog
Rassurez-vous, je ne passe pas toutes mes journées devant mon PC, comme on pourrait le croire, j’assure TOUT le quotidien de la maisonnée, avec un peu d’aide tout de même et mon travail qui me demande beaucoup d’énergie et de travail personnel
Jérôme est surpris par le nombre de visites sans cesse en croissance, par les liens que cela crée, et surtout ma capacité à publier quotidiennement
Mark est impressionné aussi par mon goût de l ‘écriture, je lui dis tout simplement que c’est un plaisir, comme d’autres pratiquent un sport
De toute évidence on admire plus quelqu’un qui prépare un marathon qu’une quadragénaire les fesses collées à une chaise en train de rédiger ses billets
Bref, là n’est pas la question
Je leurs dis que je suis fière de leur laisser une trace de mon histoire, de la leur, que volontairement quand je parle d’eux, je ne mets pas en avant leurs défauts, ce n’est pas un lieu pour régler ses comptes, dévaloriser l’autre
Je leur partage mon projet d’écriture, plus professionnel, celui d’écrire des anecdotes de pères et de mères, visant à éclairer sur les attitudes éducatives envers l’enfant
Je m’en sens capable, parce que mon écriture simple et fluide accroche le lecteur
Avec un ami lecteur, qui a fouiné dans mes archives, nous parlons de ce blog
Il me dit que mon passé fait écho dans sa propre histoire, les lieux, la Normandie pour moi, la Bretagne pour lui
Cela me conforte encore plus être fidèle à mon projet initial
Faire un retour, un travail de mémoire sur mon passé de fille d’ouvrier en milieu rural
Evacuer des blessures, comprendre des rituels, partager des souvenirs, joyeux, tristes, dramatiques
Je ne suis pas nostalgique, revenir sur sa propre histoire, ce n’est pas retourner en arrière
Je n’aime pas les discours passéistes, des « c’était mieux avant «
La vie d’aujourd'hui est confortable, plus aisée que celle de mes parents, ils ont connu des drames, des guerres, une forme de violence silencieuse
Les années 70 étaient dures pour moi, les années 80 porteuses d’idéologies, les années 90 remplies d’amour, les années 2000 faites de joies et de chagrins
Comment sera cette nouvelle décennie ?
Avec vous je veux partager tout ça, sans regrets, avec humour
Je voudrais dire aux nouveaux lecteurs que chaque commentaire est lu, même si la réponse est tardive, que j’ai du mal à commenter sur les blogs, que je lis beaucoup de belles choses chez vous, que je me réjouis de la jolie complicité qui s’est crée avec mes proches de la vraie vie grâce à cet espace
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06:00 Ecrit par Jeanne dans aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (40) | Envoyer cette note
26.01.2010
La nounou musicale
En sortant de l’école de musique, deux mères commentent en poussant leurs enfants :
« ma fille adore la musique, elle se tortille dès qu’elle entend son frère jouer «
« la mienne aussi ; en plus sa nounou c’est madame P, tu sais la femme du chef de chœur de la chorale « coup d’foudre « , ils sont trois cent ( heu..faut pas exagérer non plus )
Chez eux, y’a tout le temps de la musique, et puis ça chante beaucoup …
Je me dis qu’elle a beaucoup de chance cette maman d’avoir trouvé une nounou comme madame P
J’imagine …
Dès le matin, elle ouvre sa porte, en poussant des vocalises, un peu comme dans les « demoiselles de Rochefort, «
Elle chante …
Au moment de servir les repas, elle pousse la chansonnette, comme dans la pub Mousiline , les enfants se balancent sur leur chaise haute, c’est mignon..
Quand monsieur P rentre du travail, il se place devant son assiette, en ayant pris soin de redresser ses couverts légèrement décalés et il saisit sa fourchette, son couteau et demande une note
« un la, s’il vous plait «
les enfants gazouillent, essayant d’avoir la bonne tonalité
Quand l’heure de la sieste arrive, Madame P couche les enfants l’un après l’autre en chantant …
Et les soirs où l'enfant joue et sourit,
de joie aussi la lune s'arrondit
Et lorsque l'enfant pleure
Elle décroît pour lui faire
Un berceau de lumière
Il leur faut à peine trois minutes pour trouver le sommeil
Pendant ce temps, madame P pourrait en profiter pour regarder sa série préférée, pas question
Elle se retire dans son boudoir, fait des gammes, des vocalises
Elle place son boa autour du cou et entonne «
ma cabane au canada
Est blottie au fond des bois
On y voit des écureuils
Sur le seuil
Si la porte n'a pas de clé
C'est qu'il n'y a rien a voler
Sous le toit de ma cabane au canada
Seul le chat installé sur un coussin peut profiter de l’instant de grâce
Après la sieste, elle installe un tapis sur la pelouse, offre des biscuits bio aux enfants, et les envoûte de sa voix divine
Do, le dos, il a bon dos
Ré, rayon de soleil d'or
Mi, c'est la moitié d'un tout
Fa, c'est facile à chanter
Sol, la terre où nous marchons
La, l'endroit où nous allons
Si, siffler comme un pinson
Et nous revenons à do, oh, oh, oh! Do...
Julie Andrews a enchanté le cœur des petits, mais la voix de Madame P est ensorcelante …
Les parents viennent chercher les petits, radieux, les joues fraîches, et le regard brillant
Mais dans la réalité, je me demande où Madame P la nounou musicale, comme toutes les nounous, puisse cette énergie pour supporter le rythme de ses journées épuisantes, et que la chansonnette est souvent recouverte par des pleurs et des petits cris de bébés
Son métier n’est peut être pas aussi rose qu’une comédie musicale ?
06:01 Ecrit par Jeanne dans anecdotes | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note



