05.12.2009
Le Noël des cheminots
Organisé par La Dame Des Crys , le calendrier de l’avent virtuel nous emmène chaque jour découvrir un nouveau blog
Aujourd’hui, c’est à mon tour de partager sur le thème de Noël
Je vous raconte une anecdote d’enfance, telle qu’elle se passait à cette époque des seventies
C’était un rituel incontournable, un événement annuel que nous attendions avec impatience
Chaque année, un samedi après midi, quelques jours avant Noël, nous montions, tous les cinq dans l’ami 8 bleue en direction de la grande ville, assister au Noël des cheminots
Ça nous changeait des foires aux bestiaux, courses cyclistes, fêtes foraines et visites chez des gens qu’on ne connaissait pas …tristes à mourir..
Dans ce superbe théâtre baroque à l’Italienne de Cherbourg, un spectacle était donné pour les enfants des agents des Chemins de Fer
Le hall d’entrée était splendide, l’escalier majestueux, des statues, des bustes attiraient mon regard apeuré, le gigantesque sapin décoré de boules et de guirlandes
trônait devant nous
Stressés à l’idée d’être en retard, nous prenions place sur les vieux fauteuils de velours rouge
Je levais les yeux en haut, regardant avec émerveillement le lustre étincellant, les balcons mystérieux, les petites niches dans lesquelles se cachait peut être le fantôme de l’opéra
Sur la scène, j’étais en extase face aux projecteurs de couleur, au plancher de bois ciré, au grand rideau rouge
Le spectacle commençait, des clowns, des numéros de cirque, de la magie, des danseuses, ou la projection d’un film
Brusquement, avant la fin, mon père se levait de son siège, il fallait partir, ce n’était pourtant pas fini
Avec lui nous déscendions le grand escalier, et dans le hall nous retrouvions face à la grande table sur laquelle étaient posés de centaines de jouets
Il fallait faire vite, en quelques minutes c’était la folie, la bousculade, les enfants se jetaient vers les pacotilles, j’avais peur, peur de rien avoir, pas de bon de réservation, ni ticket, c’était la foire d’empoigne, les premiers servis étaient comblés, mais il n’y en avait pas pour tout le monde
Je ne voyais rien, je détestaient ça, j’avais peur de me retrouver avec un hélicoptère en plastique kaki, un ballon de foot, des soldats..
Nous avions des jouets bas de gamme, ils étaient si peu résistants que je n’ai aucun souvenir de les avoir conservés, j’ai juste le souvenir d’avoir reçu une boite de perle, le plastique sentait si fort que j’en avais la nausée
Cette journée tant attendue était le cocktail de toutes les frustrations
Aller voir les illuminations de la ville n’était pas négociable, on avait raté le final du spectacle, et le jouet reçu n’avait pas grand intérêt
Chaque année j’attendais ce moment avec impatience, l’espoir d’un mieux.
Il m’en fallu du temps, de la patience pour savoir qu’un jour, les théâtres deviendraient familiers pour moi, que je serai derrière ce gros rideau rouge, les pieds claquant sur les parquets cirés.
06:00 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note
03.12.2009
L'héritage
A la mort de mes grands-parents, on parla « héritage «
Il fallut vider la maison, les quatre filles et l’unique garçon durent se partager le peu de bien que leurs parents avaient accumulé
Les parts avaient été faites de leur vivant chez le notaire, en parfaite équité : le fils avait la maison et un peu de terres, les filles se partageaient le peu de terres, non constructibles
Ma mère ne se révoltait pas, elle avait été aidée par ses parents, mes parents avaient leur maison, les terres qui l’entouraient, c’était comme ça
La plus jeune des filles refusa sa part d’héritage
Impossible d’avoir sa signature pour clôturer ce partage
Cela fit des tas d’histoires, elle se fâcha avec ma mère, définitivement, son mari à moitié mafieux fut à deux doigts de se prendre l’énorme main de mon père à la figure
Ce fut ……………long, très long, le notaire gardait tout, au chaud, les intérêts en prime …
Un jour, la cadette se résilia, elle accepta de signer
Le peu d’économies avaient été dilapidées pour frais de gestion, et ma mère décida de partager le modeste somme d’héritage à ses enfants, nous trois …
Je décidais alors de m’offrir un objet, en mémoire de mes grands-parents, quelques chose que ma grand-mère aurait aimé me donner
Dans une bijouterie, mon choix se porta sur une montre, une montre fine, un bracelet léger, argenté
Du jour où je la mis à mon poignet, il y a peuvent être déjà 15 ans de cela, elle ne me quitta que pour fuir l’eau des bains, n’étant pas étanche
Au fil des ans, le bracelet s’oxydait, je me décidais alors à le changer
Par chance, la boutique fit venir le seul qui restait de cette marque, heureuse comme tout, je repartis avec un bracelet tout neuf
Et …il y a quelques jours, le fermoir céda
Malheur, impossible de le réparer, j’étais malheureuse à l’idée de ne plus porter cette montre
J’ai réfléchi …pas longtemps
J’ai pris ma pince, un anneau solide et j’ai fermé l’anneau, fixé la montre à mon poignet …pour toujours
J’ai décidé de ne plus jamais la quitter, et par miracle elle est devenue étanche à l’eau …
Une montre greffée à mon poignet jusqu’à la fin de mes jours …
Quoi les spectacles ????
Pff …….
06:00 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
27.11.2009
Boites à musique et jouets à tirer
Déjà les parents, grands-parents, se ruent dans les magasins pour trouver le jouet qui allumera les yeux de leurs petits
Des jouets parfois futiles, inutiles, qui finiront dans un grenier, sans âme, sans histoires à raconter
J’aime les boites à musique, mécaniques, les jouets à tirer, les jouets solides et résistants, ceux qui passent entre les mains des petits et qui gardent leur couleur
Depuis plusieurs années je collectionne les jouets des années 70 de la célèbre marque américaine FP
Les papiers sont un peu usés, ils évoqueront peuvent être des souvenirs pour vous, vous revivrez avec eux des moments de l’enfance, la votre, celle de vos enfants …
La caisse enregistreuse
La ferme
Le tourne disque avec les disques à « manger «
Le manège mécanique avec ces mêmes disques,
Le téléphone à roulettes et
Le petit train, qui n’est pas sans rappeler celui d’Interlude
Je vous offre un petit voyage dans le temps ….
06:08 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (34) | Envoyer cette note
13.11.2009
Il venait d'avoir dix huit ans

Pour la première fois cette année là, nous ne pouvions fêter notre anniversaire ensemble
Louis était au séminaire, je redoublais ma terminale, j’étais encore à Cherbourg
Pour lui faire une surprise, les amis de Louis n’avaient en secret invité pour la soirée, ainsi que notre tante Suzy née le même jour elle aussi, résidant dans la même ville
J’avais pris le train jusqu’à Caen, Christophe et Laurent m’attendaient à la gare
Ils étaient énervés comme des gamins, ils me faisaient entrer par des couloirs, je m’étais planquée dans la chambre de l’un d’eux
J’avais rasé les murs, pour ne pas le croiser, et au moment des vêpres, j’étais apparue dans la chapelle, en même temps que Suzy
Tout le monde contenait ses rires, Louis était sous le choc
« ah c’est malin ! »
Toute la journée ils lui avaient répété « t’aurais pu inviter ta sœur, et ta tante «
Le soir, nous avions dîné, puis l’un d’eux avait sorti sa guitare, nous avions chanté, c’était joyeux, très joyeux au milieu de tous cette gente masculine
J’avais passé la nuit dans une petite chambre et au petit matin, j’étais retournée au lycée
Susy était ravie de cette belle surprise, je crois que nous avions réchauffé le cœur de Louis aussi
Nous devions nous habituer à ne plus souffler nos bougies ensemble, l’enfance, l’adolescence était volatilisée
Il y a longtemps, longtemps, longtemps …
Nous n’avons plus jamais eu l’occasion de fêter notre anniversaire ensemble
06:02 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (37) | Envoyer cette note
10.11.2009
Ne jamais dire jamais

Après avoir profité de mon premier bébé durant une année, je me décidais à reprendre le travail
Ayant quitté la Franche Comté, et nouvellement installée en Mayenne, je partais en quête d’un poste à temps partiel
Il me fallait trouver un mode de garde pour Ellen, alors je faisais d’une pierre deux coup, en visitant les crèches de ma ville
Je poussais la porte de celle du bord de l’eau
Un long couloir, des lits à barreaux dans des dortoirs serrés les uns aux autres, du personnel en blouse, une ambiance qui ne m’attirait pas plus que ça
Une jeune femme plutôt jolie me reçu, elle était directrice, très distante du personnel, très professionnelle, un peu trop à mon goût
En sortant, je me jurais de ne plus y remettre les pieds, c’était tout ce que je n’aimais pas de ce métier, je ne l’y sentais pas bien
Quelques semaines plus tard, je fus convoquée à un entretien d’embauche dans cette même crèche
La jeune femme m’impressionnait, mais malgré ça, je réussis à me mettre vite à l’aise, prenant de la distance face à la situation
Je voulais retravailler, mais je laissais les choses opérer, je n’étais pas sure du tout de vouloir tenter une expérience dans ces murs là
Et bien sur, parmi toutes les candidates, je fus retenue
Un léger pincement au cœur le premier jour, mais j’avais vécu tellement d’adaptations auparavant, que je prenais cette nouvelle expérience comme une étape
Je découvrais les murs colorés de la section dans laquelle je fus affectée, les bébés dans les transats, les marcheurs butinant de gauche à droite et mes nouvelles collègues
Une femme frêle, à la voix douce et au sourire franc m’accueillait
Elle s’appelait Marie Camille ….
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26.10.2009
Et si c'était lui ?
A chaque fois que nous allions pour les petites vacances, ma grand-mère sortait son électrophone
Il était moderne, fixé sur un meuble sous lequel les 33 tours et 45 tours étaient bine alignées entre des barres métalliques dorées
Le couvercle servait de haut-parleur, les petits vinyles étaient superposés, ils tombaient sur la galette en caoutchouc au fur et à mesure du passage
Ma grand-mère rapportait des disques de ses pèlerinages, nous connaissions par cœur la vie des Saints, de Bernadette Soubirous, avec le curé qui prenait une grosse voix inquisitrice
« Dis-moi Bernadette, tu es sûre que tu ne racontes pas de sottises «
Elle avait aussi un 33 Tours de Fernandel, « Ignace « et »Barnabé «
On écoutait, pas parce qu’on aimait, mais pour le simple plaisir de voir déployée l’artillerie
Elle avait aussi des disques de Marie Claire Pichaud ( je suis subjuguée moi-même d’avoir conservé des détails aussi précis ) une chanteuse chrétienne qui d’une voix langoureuse nous plonger dans les profondeurs divines 
..
Et pour redonner un peu de tonus à ces après midi musical, nous écoutions le « P’tit Capet « de Brix, groupe folklorique local que peut être Mlaféeclochette à vu un jour à la Foire de Lessay ou à la St Jouvin !
Et pour finir, il y a avait le 45 Tours de la petite marchande d’allumettes
Je l’ai écouté des centaines de fois, le crépitement du disque, des allumettes, étrange alchimie du conte le plus tragique de mon enfance
Lorsque au petit matin, la pauvre fillette, transie, morte de froid, appelait dans un dernier
« oh …grand-mère … »
L’angoisse ultime de la mort, de la solitude, de l’errance
Parce que ma grand-mère , je la croyais immortelle, qui pouvait présager qu’elle partirai si vite, trop vite …
A la mort de mes grands-parents, la maison fut vidée, je ne sais pas qui a hérité des disques, de l’électrophone
Qui a conservé ce vinyle de la petite marchande d’allumettes ?
En recherchant une illustration, j’ai retrouvé sur un site de ventes aux enchères sur le net, le même, ce disque du conte d’Andersen
Sa provenance était de Basse Normandie
Et si c’était lui ?
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24.10.2009
Clones
Je vous laisse deviner qui sont ses deux jolis bébés ?

10:45 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (40) | Envoyer cette note
21.10.2009
Le moribond

Ce professeur de français de quatrième marqua sans le savoir un tournant dans mon » vécu culturel «
Il était passionné, par les auteurs, les poètes, il aimait les mots, la littérature
Il n’arrivait pas forcement à nous faire aimer les auteurs, Boris Vian, Prévert.. mais il leur portait une telle considération, qu’il était impossible de rester indifférent
Il était un peu dandy, quelque peu maniéré, il lui arrivait de se mettre en colère, pour peu, d’avoir des réactions un peu brutes, pour moi qui maniais les mots comme on manie un torchon
En fin d’année, il apportait sa guitare et il chantait Brel, Brassens..
Ceux là, je ne les avais jamais entendus, presque jamais vus
Les mélodies restèrent dans ma tête, pour longtemps
Des années plus tard, je me formais à la littérature jeunesse, j’adorais découvrir les nouveaux auteurs, et qu’elle fut ma surprise de voir que ce professeur publiait à son tour des ouvrages pour enfants
Je racontais ses livres à Ellen, avec une certaine complicité, fierté
(C’était mon prof ! )
Je me décidais alors à lui écrire, lui racontant mon parcours, le remerciant, lui disant qu’il avait semé des graines, que je les récoltais à présent, avec ma famille, dans mes loisirs, dans mon métier
Il m’envoya une lettre manuscrite, me disant combien il était touché d’avoir eu un tel témoignage de la part d’une ancienne élève
Aux enfants il dédicaça une carte
« la tête dans les nuages «
On se souvient bien de ceux qui nous ont blessés, humiliés parfois, on cultive des rancunes, des aigreurs
Mais remercier, dire, avec des mots simples, combien ils ont compté pour nous, est une démarche positive dont on aura bien tord de ne pas faire profiter
Ais je semé à mon tour ses petites graines là, je le crois, sous diverses formes, à des enfants, des adolescents, des parents..
Semons, récoltons sans limites !
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01.10.2009
Le secrétaire
Dans la petite chambre de l’étage, il y avait peu de meubles
Un lit pont avec deux petites tables de nuit à tiroir, et un secrétaire
Je devais partager ce secrétaire avec ma sœur Flo, comme le lit double
Evidemment cela posait des problèmes cohabitation, ce n’était pas la belle entente, j’avais toujours envie de lire, d’écrire
Je cachais mes carnets où je pouvais, je changeais toutes les semaines de planque, je ne supportais pas l’idée d’être lue, ça virait à l’obsession parfois
Je n’avais aucune intimité, jamais, je planquais tout, mes lettres, mes secrets
Le secrétaire avait été acheté un jour, c’était semble t’il le meuble idéal pour travailler..
Mon père n’a pas de savoir-faire pour monter les meubles en kit
Il faut que ça aille vite, il n’avait pas pris le temps d’équilibrer les portes, les serrures n’ont jamais fermé, les clés en tombaient dix fois par jour, la porte du bureau ne se refermait pas à fond, idem pour les tiroirs
Dans cette maison de bric et de broc, ce meuble avait trouvé sa place, il était parfaitement inapte à sa fonction de base, m’accompagner pour faire les devoirs
Nous devions nous suffire d’une partie chacune pour y ranger nos cours, les classeurs et livres explosaient de partout, c’était quasi impossible à ranger, manque de place
Il fallait refermer la porte bureau tous les soirs, autant dire que c’était inutile de s’y installer pour si peu de temps
Dans cette chambre bien humide, il y avait un petit convecteur électrique pour deux pièces, ça chauffait un peu, et dès qu’il était éteint, la pièce était refroidie
Le secrétaire n’était pas équipé de lampe ou d’éclairage, assise, je tournais le dos à la lumière, mon ombre venait gentiment obscurcir mes cahiers, je fatiguais au bout de trois minutes
A ce triste tableau je dois rajouter, que la chaise était trop basse et que le bruit infernal de ce meuble pas vraiment consolidé me donnait vite l’envie de retourner au rez de chaussée
Il y a avait trois tiroirs pour ranger nos vêtements, Flo en avait pris deux, dans le troisième, j’entassais comme je pouvais le peu de vêtements immondes que je portais à cette époque
Dans la penderie, on entreposait des pantalons, robes de chambre en synthétique, et autres manteaux pleins de mites
Ce secrétaire est toujours là
Flo a épousé Gabriel en 1984 et je suis partie au Havre la même année
Au-dessus j’ai laissé la photo de classe du lycée, seul bon souvenir de cette époque
J’aurais tant aimé, un vrai bureau …
Et mon père voulait que je soies….
secrétaire

Photo : Louis le Bipolaire
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23.09.2009
La chambre froide

Lorsque je vivais dans ce petit appartement de rez de chaussée le moment que je redoutais le plus était de me glisser dans mon lit
Ma chambre était froide, mal exposée, mon lit était très dur, vieille literie toute défoncée
C’était un endroit austère, j’avais eu la mauvaise idée d’y mettre une tapisserie bleue, je repoussais l’instant, le plus tard possible
Je sortais souvent, très souvent, un soir sur deux au moins, je recevais du monde aussi, tous les dimanche soir
Allongée dans mon clic clac je regardais la télévision, une toute petite télé, un écran minuscule, souvent je l’endormais, je regardais les talk show, les émissions du soir avec Dechavanne ou Mireille Dumas, les débats à moitié racoleurs des années 80, prémices de la télé réalité
Je passais des heures au téléphone, j’adorais ça, je papotais sans fin, je ne gênais personne, personne ne m’interrompait, je pouvais me languir à ma guise, rien à justifier, peu à penser..
De temps en temps, vers 22h30, mon téléphone bleu sonnait
Je connaissais à l’avance celui qui appelait, avant même de décrocher
Il terminait sa garde, il était surveillant d’un internat, il rentrait chez lui, plongé dans ses pensées, sa Jeanne..
Nous avions peu de chose à nous dire, nous restions longtemps dans ce dialogue silencieux, cette sensualité vocale..
Je l’appelais rarement, j’avais trop peur de devoir entendre une sonnerie sans réponse
Il faisait le premier pas, toujours, il était dingue de ma voix, de mes mots.
c’était un rendez-vous heureux, secret, amoureux, radieux
Je n’arrivais pas à raccrocher, lui non plus, nous étions reliés, accrochés par ce fil, esseulés,
je me résignais pourtant au bout de quelques temps à rejoindre cette chambre froide, mon lit était un congélateur, mon corps tout recroquevillé, tremblant,
mon cœur brûlant
00:41 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note


