Ma grand-mère paternelle vouait un véritable culte à son balai
Elle était nerveuse ; mon grand-père, un gros bonhomme tyrannique et alcoolique ne lui laissait guère de bon temps, alors pour se défouler elle balayait sa cour, sa maison, son trottoir .
Elle avait un grand balai en crin et comme d’autres iraient faire un jogging, jouer au casino ou bloguer, son défouloir c’était de pousser la poussière
Elle balayait vite et bien, une tache répétitive, rassurante, lui donnant sans doute l’illusion que son environnement était propre .
Mon père a hérité de ce geste
Je l’ai toujours vu balayer la cuisine le dimanche, et puis sa cour
Il la balaye tous les jours, traquant la moindre feuille, crotte de chien ou autre détritus à expulser
Ça énerve ma mère, mais son truc, son balai, c’est héréditaire, génétique.
Je possède quatre balais, un pour le rez de chaussée, un grand balai d’extérieur et deux autres balais pour les caves et la grange
Je preferre passer l’aspirateur, mais je n’ai pas dit que j’aimais ça
Le sol est sans cesse recouvert de poussière, de mini cailloux, de petites feuilles, ça revient trop souvent, et puis il y a deux étages, c’est trop pour moi, je ne suis pas une reine du balai
Jérôme lui, est handicapé du balai, aucun remède n’y fait, c’est plus fort que lui
A l’anniversaire de Jade, nous lui avions offert quarante balais
C’est beaucoup me diriez vous, mais c’est plus facile à ranger que quarante aspirateurs
Chaque famille avait apporté un balai, il y a en avait des neufs, des vieux, des petits, des artisanaux, des balais brosses, des balais à gogo
C’est pas très sympa comme cadeau d’anniversaire me dira vous, oui, mais elle fêtait ses quarante balais, alors d’un sens, elle l’a bien cherché !
On trouve des balais de couleurs, des balais fantaisie, mais on fond, cet objet du quotidien, je le trouve encombrant, il faut un placard à balai, un lieu où le caser, il faudrait inventer des balais pliables, comme des parapluies
Quand j’étais petite, je balayais le milieu de la cuisine, et ma mère me disait « les petits coins s’ils en veulent, ils n’ont qu’à s’approcher «
En attendant vos histoires de balais, je vous laisse avec ce proverbe irlandais :
« Le vieux balai connaît les coins. »