
« Jeanne, as tu mis tes chaussons ? »
j’ai entendu ce refrain des centaines de fois, ma mère m’obligeait le soir à enfiler une paire d’horribles pantoufles, pas forcement confortable et je détestais l’alliage de la chaussette et du chausson
Beuh …
J’étais bien en chaussures, du matin au soir
Encore aujourd’hui, je ne porte pas de chausson, ni pantoufles, ni charentaises
Etre en chaussons, c’est comme si je ne pouvais rien faire, invalide, malade
Le chausson me déprime
Le matin, je saute du lit, et j’enfile des nus pieds d’été, et après ma douche, je m’habille et me chausse de mes converses ou autres chaussures plates
Et là, je suis prête, opérationnelle, jusqu’au soir, je peux sortir, monter la poubelle, fermer le portail, butiner dans mon jardin, aller acheter une baguette, passer le balai, la serpillière ( oui, j’ai une trépignante moi «
Tout ça je ne peux pas le faire en chaussons
Dans ce mot , j’ôte le « u « et un « s « et le remplace par un « n « et là , déjà je me sens mieux ….
Je me souviens de ma tante Martine, elle nous recevait à dîner, toute pimpante, et à ses pieds, je voyais des pantoufles feutrées et déjà je trouvais que ça clochait
Elle était tout à fait en droit de porter ses trucs là, mais allez savoir pourquoi, ça me déroutait
Mes enfants ne portent pas souvent de chaussons, sauf Mark qui est pantouflard
Il faudra les déposer au pied du sapin
Tant pis, j’aurais rien, j’ai pas de chaussons
J’y mettrai mes converses
Pourvu que le bonhomme ne me les pique pas, c’est pas de la contrefaçon
On ne sait jamais, par les temps qui courent
Et puis on ne peut peux pas courir en chaussons