
Profitant des soldes, je pousse la porte de mon magasin de chaussures favori, en face du Théâtre pour ceux qui connaissent, un fabriquant bien de chez nous, des modèles sublimes et solides, réalisées avec le plus grand soin, à Gorron ( vous connaissez tous Gorron et la célèbre rillette de Gorron ! )
Je commence mon exploration, je touche, regarde les modèles soldés lorsque brutalement mon regard est attiré par une masse colorée .
J’approche et je tombe, sur une pile de Crocs oui des crocs, vous voyez ce que c’est, ces sabots immondes et grossiers qu’il sera de bon ton de porter cet été. Carla en a acheté pour son fils, il adore, tant mieux, si c’est confortable pour barboter dans l’eau.
J’en mettrai même pas à mon cochon d’inde même si l’enclos est inondé.
Voir ces trucs d’une laideur pareille dans ce beau magasin de chaussures, c’était trop
J’ai eu envie de me jeter sur toutes les paires, d’ouvrir la porte et de les balancer au milieu de la rue.
Je m’approche et regarde le prix, et là je frôle la syncope .
C’est quoi ce délire ?
Mettre en vente de telles horreurs dans ce magasin cela revient à
- - boire un diabolo menthe avec un filet de sandre au beurre blanc
- - écouter la passion selon St Jean de Bach en faisant ses courses chez L.. l
- - mettre des œillets d’inde dans un bouquet de mariée
- - regarder « sur la route de Madison « en faisant du repassage
- - mettre du camembert dans une salade grecque,
- - copier un Kandinsky à l’aquarelle
- nettoyer les sanitaires avec une bague Agatha
- faire une déco d’anniversaire avec des guirlandes de Noël 
- - offrir « Eau Sauvage « de Dior à un cochon vietnamien..
Je suis à cours d’exemples, à vous …