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  • Le mardi soir

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    20h20, je quitte la maison

    « Bonne soirée, ne vous couchez pas tard « 

    Je traverse en voiture le quartier populaire, des tours, ses pavillons, des panneaux publicitaires, peu de monde dans les rues.

    Je connais bien le trajet, les ronds points, je me gare toujours au même endroit sur un parking réservé aux usagés de  cet ancien supermarché aménagé en salles de sports et autres mieux culturels

    J’ai sur l’épaule un sac fourre tout dans lequel j’entasse des papiers, coupures de presses et mes classeurs transparents

    En entrant, je salue quelques personnes,, je bise, je prends des nouvelles, je vadrouille si je suis un peu en avance au milieu de tous ces groupes d’hommes et de femmes de tous âges.

    Je ne les connais pas tous, mais depuis six ans, je me suis liée avoir bon nombre d’entre, une quarantaine peut être

     

    Parfois je viens avec Paul

    Il dîne avec nous, puis il m’embarque dans sa camionnette réfrigérée pour rejoindre cet endroit familier ou nous nous sommes connus

    Des chaises sont installées en rangées, je choisis une place, pas au fond je déteste ça, près des hommes souvent

    Je pose mon classeur sur une chaise, mes vêtements et je réserve des places pour mes copines Eléonore, Carle et Clotilde, elles arrivent souvent après moi, elles ne se préoccupent pas trop de leur place, nous aimons juste être proches pour la complicité qui nous unit

    Vers 20 h 40, Théodore installe son micro de Lorie, règle la hauteur de son pupitre, respire un bon coup, attend les retours piano, la sono est installée depuis un bon moment

    Il sort ses partitions, nous entraîne avec allégresse dans le tempo

    Me voilà prête avec eux tous , deux heures  à rabâcher, écouter, répéter, chanter, sortir de moi ce qui à ce moment est le plus précieux, la voix

    Je me retourne, Patricia est derrière moi, nous échangeons un sourire complice, Tinou tout proche échange un geste de la main, assaisonné par son visage radieux

    J’aperçois mon ami Jeremy, heureux, ravi de retrouver son ami Paul, je fais un grand geste à Pierre Alain, il rit, Agathe est trop loin, je ne la vois pas, ce sera pour tout à l’heure

    Mes copains ténors sont un peu énervés, les plus dissipés lancent des regards de potaches.

     

    Pour rien au monde, je laisserais les mardi pour autre chose, ce rendez-vous hebdomadaire qui commence à me manquer, dans combien de mardi on recommence ?