
Quand je ne savais pas quoi faire, je regardais ma mère travailler
Elle avait toujours des tas de taches à accomplir, nourrir les bêtes, vider les clapiers, faire la soupe, le ménage, laver un peu au lavoir, repasser, tuer un poulet, le vider.
J’apprenais à travailler
La campagne est pleine de contraintes, les animaux prennent du temps, il faut s’en occuper.
Je trouvais ça pénible, elle ne se plaignait pas
Quand je suis partie au collège, j’ai découvert la ZUP, les feux, les voitures, je crois que je n’aurais pas aimé y vivre, que mes parents n’auraient pas aimé que j’y traîne mes pieds
Au collège, on nous appelait les ruraux, belle étiquette ;
J’ai usé mes chaussures des heures en ville, au lycée, je devais attendre le car pour rentrer, j’aimais bien la ville
J’aimais bien et en même temps je trouvais la campagne bien reposante, je n’avais idée si je souhaitais y vivre définitivement
.
J’ai pris mon premier appartement à 20 ans
Dans une petite ville, tranquille, mais j’ai vite réalisé que j’étouffais en appartement, j’avais besoin d’air, de manger dehors, de planter .
A Belfort, avec Jérôme, j’étais au bord de l’asphyxie, nous cherchions une maison, c’était impossible .
Alors nous avons décidé, réellement décidé de nous installer dans une ville de l’Ouest, de petite taille et de trouver une maison .
Nous avons acheté cette maison en 1997, plein de travaux à faire, des heures de travail, mais un grand jardin, plein de coins, un bassin, des arbres, des lapins..
Alors à mon tour, j’accomplis des taches parfois contraignantes, je prends ma brouette, je vide mes clapiers, je nourris ma ménagerie, je plante, je gratte, j’arrache et j’aime ça .
Et puis un peu plus tard, je vais déambuler dans les rues de la ville, je peux y aller à pied .
Le collège des enfants est au bout de la rue, ils n’ont pas de transports scolaires , nous vivons à la ville comme à la campagne
Aucun vis à vis, des voisins tout prêt mais séparés par de hauts murs de pierre, j’ai choisi cette vie, je l’aime, pour rien au monde je ne retournerais habiter à la campagne.
Ma mère avait beaucoup de courage, par la force des choses, je devais avoir beaucoup de courage …
Je déteste les films "calendrier de la Poste " qui idéalisent la vie à la campagne , le terroir ..