
Avec Lorenzo nous échangions encore des souvenirs
A travers ceux là, il reparlait de Maude
Il n’arrive pas à couper les liens, il attend, il ne sait pas quoi, relance, pourtant sait que jamais ce qui a été vécu redeviendra comme avant
Il ne parvient pas à la sortir de son cœur, il doute, étrangement, elle prend encore une place dans sa vie, en pleine reconstruction .
Je réalise qu’il n’est toujours pas sorti de ma tête lui aussi, de mon cœur
Je fais l’effort pour oublier, et régulièrement, des odeurs, des images, des flashes me le ramènent
On avance pourtant, j’avance, je regarde mon passé avec réalisme, je ne suis pas nostalgique, j’aime trop la vie que j’ai à présent
Mais il y a les accrocs du cœur, ceux qui restent là, on aimerait les chasser, on n’y parvient pas
La vie file sans tristesse ni regrets, des questions restent sans réponses, je cherche sans trouver, j’espère un tout petit peu, je laisse la place au hasard …
J’observe les hommes et les femmes qui laissent paraître que jamais leurs émotions ne les troublent, comme si leur cœur était momentanément recouvert d’une protection solide, indéchirable, d’une paroi toute lisse, d’une barricade, d’une protection.
Je ne serai jamais comme ça, je l’ai compris depuis longtemps, mon cœur est trop fragile, autour de lui gravitent encore tant de choses, tant de sentiments
On ne choisit pas ça, je le vis, avec force et lucidité
Pourquoi restent en nous, ces histoires là ?
Parce qu’on les a aimés, parce qu’on aimerait avoir la certitude, sans oser se l’avouer, que nous comptons encore pour eux