
Trois hommes travestis, en bas résilles et perruques blondes arpentent la vieille rue du château, tels des folles d’un cabaret désuet, ils ont une mission, des défis, des gages, puis les raconter
Ils sont fiers, bruyants, exubérants
Ils fument, parlent fort
L’un des trois hommes se prépare à vivre un grand moment, il va se marier et les autres enterrent sa vie de garçon
Je sens de l’excitation, de l’allégresse, de la joie
Ils ont besoin de crier à la terre entière que le moment tant attendu est venu
Je les observe, pas plus qu’il ne faut, ça m’énerve, ils vont m’aborder, me demander quoi, de leur jeter de la crème chantilly en pleine figure, de danser le tango au milieu de la rue
Et souvent, ces jeunes futurs mariés qui vivent en couple parfois depuis dix ans, quêtent, oui, mendient, cherchent des sous
Pour fêter ensemble, boire, s’amuser
Je ne supporte pas trop cet étalage d’amusement, cet exhibitionnisme de la potacherie
Amusez-vous en boite, chez vous, faites des barbecues primates mais laissez les gens tranquilles
Il me semble que les mariages ont pris une ampleur démesurée
Les blogs, les listes, les festivités, on en parle deux ans à l’avance, et on gave les autres avec ça, comme si durant les préparatifs tout l’entourage était en stand by
« On ils enfin acheté les alliances ?? «
Tout se monnaie, tout s’achète, rois et reines d’un jour
Je me réjouis de l’amour, de la vie, mais dans mon quotidien, et celui des autres pas toujours drôle, je me demande si ça ne nécessite pas parfois un peu de respect, de pudeur, moins de déballage
Un petit peu de bon sens …