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  • La bru et le radar

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    « alors on est en vacances ? »

    la madame, ne sait pas si elle peut me tutoyer ou me vouvoyer, elle pratique le illoiement

    Ça me fait rire, « elle va bien ? »

     

    Un peu plus tard :

    « Alors, on fume ? »

    Brr, j’aurais pu lui répondre « alors on ne maigrit pas ? »

    La madame est forte, fortissime même, elle a un cou de pélican, une poche sous le menton, elle ressemble à Raymond Devos

    Elle me reproche de ne pas lui avoir fait remarquer qu’en sortant des toilettes, sa jupe était restée coincée dans sa culotte, donc que ce n’était pas très élégant

    Je n’avais pas vu, je ne lui aurais peut être même pas dit

    Ça la démange de me faire la morale pour la cigarette, je suis certaine qu’elle trouve ça vulgaire pour une femme

     

    Son monsieur se met à discuter aussi

    « Ça va la Mayenne ?

    Je me suis fait flasher au radar à Ernée, poursuit il, rha, j’ai perdu un point, en rentrant à 3h du matin « 

    En même temps, c’est pas de ma faute, je ne pose pas moi-même mes radars automatiques

    Ça me rappelle une femme, il y a quelques mois, elle me raconte que son gars avait été flashé à 215 km/h auprès d’Ernée

    « il a pas eu de chance, il a rien vu, c’est la voiture « 

     

    Les histoires de permis, de points en moins alimentent les conversations, tout le monde à son expérience, son coup de bol

    « ils ont arrêté la voiture de devant, pile dis donc « 

    « j’ai soufflé dans l’appareil, je rigolais tellement que je n’y arrivais pas « 

     

    Le monsieur continue, il parle beaucoup, me raconte pleins de trucs, les restrictions d’eau, ses ventes, ses engagements associatifs

     

    Il dit qu’il ne connaît pas les rapportés, il y en a trop, par contre lui connaît la bru, normal, il n’y en a qu’une

    Je suis la bru, il m’appelle comme ça

    Il est sympathique, il ne s’intéresse absolument pas à ma vie, à ce que je fais, au moins je n’ai pas à chercher mes mots, j’écoute, je dis « ah, ben oui … »

     

    C’est curieux de passer des heures avec des gens qu’on aime pas, qu’on ne déteste pas non plus

    Je me rends compte que ça m’arrive de moins en moins, j’arrive à me débiner, là, impossible

    Je suis courtoise et polie, en silence je m’amuse de la situation me réjouissant que ces gens ne soient pas mes parents.