Chaque année, nous semons des coloquintes
Quand les enfants étaient plus jeunes, ils adoraient aller les cueillir après l’école et faire leur petit marché
Mais depuis deux ans, les coloquintes ne poussaient plus vraiment, elles manquaient d’eau, séchaient
Cette année, j’ai pris une ferme décision : pas de coloquintes, ça se mange pas, ça sert à rien !
En juillet, dans le pot du jasmin, j’ai vu sortir un pied de coloquintes
, et d’autres dans le compost, et encore d’autres tout au fond du jardin, dans les capucines, les tomates
Y’a des coloquintes partout, fraîches, colorées
Parfois, on veut et on a pas, et quand on n’en veut plus, ça arrive
J’aime observer ces contradictions, ces paradoxes
Comme ce jour où le Docteur H me parlait de sa maladie
Et le bébé de Carla qui devait naître grand prématuré et qui tarde à pointer le nez
Et cette discussion avec une psychologue complètement démoralisée …
Contradictions, changements, imprévus, paradoxes …
Rien n’est lisse, rien n’est prévisible, rien n’est calculé
On maîtrise la plus part de nos actes, mais on doit accepter une grande part de hasard, de fatalité, de virages
Dans une grande corbeille, je déposerai les coloquintes, me préparant pour de bon au changement de saison
C’est peut être la seule certitude, l’été ne reviendra pas maintenant..