La porte s’ouvre doucement, une fillette, voilée entre doucement
Elle ose à peine s’installer, elle ne semble pas conviée parmi cette foule de fous chantants, elle reste, seule, figée
Je l’observe, me demande pourquoi elle est arrivée là, avec qui elle est ?
Elle s’installe, au fond, sur une chaise
Je ne pense plus à elle, je ne la vois plus
Le temps passe, plus de 22 heures, elle est encore là, pourquoi ?
J’ai l’impression qu’elle est en compagnie, difficile alors d’aller le voir, en savoir plus, elle a trouvé sans doute la personne qu’elle cherchait
La jeune femme est partie
La fillette est seule
Elle a grignoté quelques biscuits
J’ai bu un verre de rosé, plus de biscuits …
Je cause trop, je le sais
Je suis inquiète, pour elle, cette gamine..
Je vais vers elle, Bérénice me rejoint
Je lui demande pourquoi elle est là,
« Où habites tu ? »
« Tu as vu l’heure, quel âge as tu ? «
« Quelqu’un t’attend ? «
Elle sourit béate, elle nous dit qu’elle a 13 ans, elle en fait beaucoup moins
Elle prétend habiter tout près, que sa mère n’est pas encore rentrée
Elle n’a pas de montre, n’a peur de rien, elle ne veut pas partir
Je lui dis qu’il y a du danger dans la rue, qu’elle doit aller chez elle, nous lui proposons de l’accompagner
Bérénice a des mots doux, confiants
Elle finit par partir, seule,
Que faire, la suivre ?
Qui condamner, qui accabler, qui juger ?
Qui a fait le mal ?
Qui fera le mal,
Ça me tord les tripes
Une errance nocturne, à peine douze ans …
Je revois soudainement la petite marchande d’allumette
Cette gosse est peut être venue juste là, pour se réchauffer …