07.11.2009
En apesanteur
Chacun son truc pour atteindre les cieux
Certains seront pleinement heureux en haut d’un sommet, d’autres dans un Ulm, d’autres pratiquement le saut à l’élastique, se pencheront du haut d’un pont, escaladeront des parois vertigineuses,
Pour se sentir haut et léger, chacun sa méthode
J’ai enfin trouvé la mienne, pour qu’enfin mon âme se soulève, je pose mes deux pieds sur un praticable
Vous avez peut être tenté un jour l’expérience pour une photo de groupe ou de famille
Cette planche, en bois de préférence, permet de voir, d’être vu, réglée à la hauteur voulue et vite démontée
Sur le praticable, un fois mes pieds posés, je ne les regarde plus
Je regarde droit devant, des sièges, rouges le plus souvent, vides ou remplis
J’ai une sensation de bien être qui m’envahit brutalement
Un léger balancement me rassure, me dit simplement que je suis en apesanteur
Pas trop haute perchée, j’ai un peu le vertige et surtout j’ai besoin de sentir des gens, devant, et derrière moi
Sur le praticable je ne me contente pas de gérer ma propre image
Je ne suis pas seule en scène, je cherche les regards, les sourires,
Je communique sans parler, rien que par gestes, j’aime ça, je connais ceux qui pratiquent cet exercice, cet art de dire en silence
Il fait vite chaud sur le praticable, la chaleur humaine, celle des projecteurs
J’accepte cette chaleur, je m’habille toujours léger sur un praticable, sauf quand on m’oblige à porter une panoplie de marin breton
Je ne souffre pas sur mon praticable, jamais, mon corps tient bon, résiste, il ne flanche pas .
Parfois je suis assise sur un praticable, à ce moment précis, Il est doux de s’adosser ou de se tenir près d’une personne chaleureuse, souriante, aimante
Je suis dans ces moments là en apesanteur
Drôle de sensation, partagée
Resserrés les uns aux autres, réchauffés les uns par les autres, les voix montent, transcendent, jubilatoires
C'est une envie d'offrir la vie
Comme on offre une rose
Pour le plaisir le pur plaisir
D'échanger quelque chose
Je veux chanter pour ce temps qui nous reste
Je viens bercer la douceur d'un doux geste
Je viens aussi porter ma nuit
Au-dessus de vos rêves
Avec l'espoir qu'enfin ce soir
Mon âme se soulève
Descendre du praticable, revenir sur terre, pour mieux y retourner,
Hier soir, j’ai fait ce voyage, j’ai trop envie d’y retourner
Vite, vite, quand ?
Ce soir, oh oui,
J’en veux Encore..
13:17 Ecrit par Jeanne dans aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note


