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  • Prendre sur soi

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    Autrefois, vers l’âge de 14 ans, à la messe, je faisais les lectures

    J’allais au pupitre, face au micro  vers l’autel, un peu pétrifiée à l’idée de bafouiller, je ne prenais pas de plaisir à l’idée d’être regardée, jugée peut être

    Mais il fallait des lecteurs  et comme je savais lire, j’acceptais de le faire

     

    Ma mère aurait été incapable de lire deux lignes en public

    C’était phobique chez elle, de vieilles humiliations d’une institutrice peu pédagogue remontaient dans sa mémoire

    Elle était parfois au bord de l’évanouissement quand un lecteur buttait sur des mots, elle s’en rendait malade pour lui

     

    En classe, je n’étais pas à l’aise pour intervenir à l’oral, je rougissais, j’avais peur de dire des sottises, d’être jugée, je me forçais tout de même à le faire, mais mon manque de culture, de références me ramenait vite à un mutisme confortable

     

    Le fil de la vie fit que je pris un peu plus confiance en moi, que des gens me trouvaient même pertinente parfois

     

    Je fus amenée à animer  des formations, prendre la parole en groupe, en petit groupe, je me sentais de plus en plus à l’aise à le faire,

     

    Puis un jour, excédée, ulcérée même, je franchis le pas de prendre la parole en réunion publique, anonyme citoyenne a qui on ose donner la parole

    Je vécu une humiliation, et cela me donna une force démesurée

    Il était hors de question de donner le pouvoir qu’aux beaux parleurs, je n’avais peut être l’éloquence d’un grand orateur, la prestance d’une grande parleuse, mais je n’allais pas  me taire

     

    J’osais, toujours plus, un peu tremblante, mais déterminée

     

    J’ai fait un chemin, toujours plus fructueuse grâce à mon travail

     

    Il y a quelques jours, je fus « missionnée «  pour intervenir en quelques minutes lors d’une manifestation culturelle, avec du gratin, élus, et artistes en tout genre

    Je l’ai fait, avec une certaine décontraction

     

    Tout m’est revenu en tête, comment ais je osé dépassé ces premières peurs, comment ais je réussi à ne pas éponger les angoisses de ma mère ?

     

    Parce que mes convictions ont besoin d’être défendues, parce que la prise de parole n’est pas réservée à une élite, parce que les mots quand ils viennent du cœur sortent de la bouche avec douceur

     

    Parce que j’ai réussi à prendre sur moi