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  • Félix

    C’était en juillet 81, ailleurs, loin, j’ai rencontré Félix parmi tant d’autres, dans un camp de jeunes, bondé, boueux, rustique

    Nous avons  échangé quelques mots, je l’ai tout de suite trouvé sympathique, lui aussi, sans doute

    Quelques semaines plus tard, il m’envoya une gentille carte, signe que j’étais restée dans son cœur

    J’ai l’ai revu plein de fois, avec d’autres, on riait beaucoup, il était investi dans ses engagements, sa vie était différente de la mienne, il vivait dans un appartement HLM dans la petite ville normande, avec ses frères, un peu sauvages et ses parents qui n’avaient pratiquement pas de vie sociale

    Félix aimait la compagnie, il était convivial, et au fil des années, je le présentais à mes amis

    Il avait plein d’énergie, de tonus, de vitalité, mais c’était un homme «  canard «  , il ne laissait jamais apparaître ses sentiments, ses émotions, avec lui, c’était dur de se confier, il gardait enfoui ses souffrances

     

    Nous avons fait ensemble des tas de fêtes, des soirées de jeux, des éclats de rires à s’éclater la panse, jusqu’au jour où Félix, parti en coopération au Bénin

     

    Ça faisait un vide, depuis plus de 6 ans Félix était mon copain de rigolade, mon dépanneur

    Au bout de quelques mois, il attrapa le palu, et une hépatite  qui le contraint à rentrer en France pour être soigné

    Il allait bien, mais du rester en convalescence chez ses parents

    C’était insupportable pour lui, il venait presque tous les jours chez moi, je vivais dans mon appartement frigorifique à l’époque

    Il ne savait rien de ma vie amoureuse, ne connaissait pas celui qui avait chaviré mon cœur, je me gardais bien de lui ne parler, je crois que ça lui aurait fait mal

     

    Félix était parfois un peu pot de colle, mais il n’y avait rien de «  trop «  chez lui

    Guéri, il est reparti en Afrique, avec le grand espoir que je vienne y passer quelques semaines, mais j’avais mieux à faire, ailleurs …

     

    Et j’ai épousé Jérôme, à notre mariage Félix n’avait rien perdu de sa vitalité, il faisait chanter, danser les convives

    Tous le trouvaient extremement sympathique …

     

    Il est venu nous voir dans L’Est, comme Gordon d’ailleurs, c’était touchant ceux qui faisaient le voyage

    Le temps à passé, il a continué sa vie, de son côté, j’avais des nouvelles par d’autres de temps en autre, et à chaque anniversaire, le téléphone sonnait, je décrochais, et j’entendais un grand rire au bout du fil : c’était Félix

     

    Un jour de Juillet,en 2001, je fus invitée à une soirée de retrouvailles, j’étais enceinte de Rose, je décidais d’y aller

    Félix, convié lui aussi à cette soirée, m’appela et me proposa de m’y emmener

    Je suis retournée dans ma petite ville, sans enfants, sans mari, célibataire comme autrefois

    Il résidait dans u bel appartement, nous sommes allés à la soirée, et j’ai  dormi chez lui

    C’était curieux comme impression, il était heureux, mais heureux.. ;nous nous étions trouvés vingt ans auparavant , jour pour jour , ça nous amusait

    Il redonnait à sa manière cet accueil que je lui avais offert

    Nous étions de vieux copains, avions partagé beaucoup de choses au fond

    Mais je sentais que c’était fini, la boucle était bouclée

     

    J’ai retrouvé sa trace sur FB, il ne met pas de messages.. tant pis

    J’ai conservé ce morceau de tissus qu’il m’avait rapporté d’Afrique

    tissus.JPG

     

    Félix, fut un de mes meilleurs compagnons de route, je me suis toujours questionnée concernant ses vrais sentiments à mon égard..