
Parce que j’avais besoin de choses précises, je me décide à retourner dans cette boutique que j’avais déserté depuis quelques années
Je demande les accessoires qu’il me faut, la vendeuse se montre très avenante
Elle déballe ses boites, me paraît un peu nerveuse, mais je n’y prête pas attention
Elle commence à me parler des prix, un peu excitée, elle parle sans cesse, avec un débit impressionnant
Dans la rue un chien aboie
« Attendez, excusez-moi « , crie t’elle
Je continue calmement mes recherches
Elle hurle après son chien
« vous connaissez pas mon chien, venez voir « me crie t’elle
( mais j’ai autre chose à faire ..)
je jette un œil sur son toutou et repars à mes activités
Elle me soutiens que ses prix sont les meilleurs de la région, et que ses fournisseurs sont de plus ne plus chers
« Vendre ça, à ce prix là, et ben, excusez l’expression, ça me troue le c….. »
Oups, je ravale ma salive, reste polie mais je suis quand même choquée par ses propos grossiers qu’elle redira à trois reprises, tout en s’excusant
Elle continue, parle, sans arrêt, elle me fatigue..
Un homme entre dans la boutique, un peu louche
Elle va vers lui, complice, elle le renvoie gentiment
« oh je le connais pas plus que ça, ça fait des mois qu’il me dit qu’il va passer, et je lui ai dit que j’avais une cliente «
Ben… oui …
Elle parle de plus en plus fort, hurle après son chien, et c’est à ce moment précis que je prends conscience qu’elle est très alcoolisée
Je suis mal à l’aise, gênée pour elle
Je lui demande un petit conseil et là elle me balance
« Oh ben je vais vous dire, revenez un de ces jours, je vous expliquerai tout, pendant trois heures, parce qu’aujourd’hui, j’ai pas du tout envie de bosser ! «
Je suis muette, je tente de rester polie, mais je sais que je ne vais pas tarder à payer et déguerpir …
Elle me demande si je veux une carte de fidélité, j’accepte, trop lasse pour argumenter autour de ça
Elle commente mon prénom, et c’est reparti pour cinq minutes d’un monologue délirant
Je n’en peux plus, je suis mal pour elle, me dit que sa boutique est déserte, qu’elle va s’endetter, qu’elle va perdre son boulot, que le commerce ça se gagne, et me voilà soudainement pleine de compassion pour elle
Elle est jeune, elle pourrait être ma fille, presque …
Je quitte le magasin tourmentée
pauvre fille..