Lorsque l’un de nous quitte le navire pour voguer vers d’autres horizons, c’est un déchirement
Dans la troupe chantante, il y a forcement de belles amitiés, des amours aussi , des nouveaux départs, peut être des amours cachés …
Jérémy a salué pour la dernière fois en Juin, et nous ses copains, ça nous a fait un coup
Pas question de couper les ponts, au contraire, garder le lien, maintenir fort la corde qui l’empêchera de voguer trop loin de notre embarcation
A l’entracte, je lui envoie un SMS rempli de bises et de pensées
Et comme mon Paul, je guette la réponse, se manifester c’est peut être lui filer le bourdon, mais ne rien dire, c’est l’ignorer, c’est bien pire
Installée dans le car, pas loin d’une heure, la réponse arrive « merki « il ne dort pas l’ami à cette heure là
Alors instantanément, je lui dis qu’il nous manque
Et le lendemain, une réponse vient me confirmer que mes mots l’ont beaucoup touché
Dans notre embarcation, il y a aussi les tempêtes
Lorsque le chanteur soliste capte avec difficulté les dérapages du groupe et qu’il doit coute que coute reprendre dans la houle , c’est le naufrage
Il se plante, rien à faire, c’est foutu, il le sait, et nous aussi
Larmes, rage, colère, tristesse …
Il reste juste quelques gestes pour réconforter l’ami , et surtout ne pas s’aventurer dans des paroles vaines « tu sais , ça c’est pas vu «
Il sait, et son cœur est gros devant le chœur grand
Recommencer , refaire , s’entourer des voix claquantes , reprendre confiance , cadeau ultime du naufragé qui a repris sa bouée
Et savourer la réussite, la liesse du public qui reprend en chœur en se balançant
L’équipage se retrouve autour d’un bon cidre de Barenton, de rillettes et de crêpes à foison
L’amitié des copains de chœur est palpable, la chaleur de l’endroit sans artifice, sans mièvrerie