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  • Que croire ?

     

    Au hasard de la blogosphère , il y a quelques années de ça  , j’avais découvert le blog de Johanne

    Et silencieusement, je lisais, touchée, très touchée par ce combat contre la maladie, et la grande chaine humaine qui se liait autour de cette jeune femme aimée et aimante

    Dans ses liens, il y avait le blog de Salomé et Noa

    Je trouvais parfois en lisant quelques notes, qu’il y avait des incohérences, des choses un peu « scénarisées «  mais l’histoire tragique de ces deux adolescentes  ne m’autorisait pas à avoir de doute , on ne triche pas avec la maladie , la mort  … enfin , je le croyais

    Jusqu’au jour où le voile fut levé , et que la supercherie éclata au grand jour (les deux sœurs jumelles n’existaient pas, tout venait de l’imagination d’une blogueuse mythomane)

    Inutile de commenter, de crier encore au scandale face  à une telle histoire , beaucoup de lecteurs dupés furent effondrés quand la réalité fut exposée sur la toile

    Vaut mieux en tirer des leçons, et d’être prévenant,   devant les diverses sollicitations de la blogosphère où  la charité n’est pas toujours à sa juste  valeur  et la compassion facile à monnayer , où le lecteur peut être pris en otage affectif , témoin parfois prisonnier de faits fictifs ou brodés

    Je me trouve parfois confrontée à cela dans mon travail

    En écoutant les propos de quelques stagiaires, je saisis assez rapidement, qu’elles se fourvoient dans des exagérations, qu’elles prennent le groupe à témoin, se victimisent à outrance, ou pire encore  m’exposent des cas absolument invraisemblables, ou colportent des rumeurs ou légendes purement fictives

    Je pourrais citer des exemples d’enfants nés avec des poils d’animaux parce que leur mère avait été effrayée par un lion au zoo pendant sa grossesse , d’enfants kidnappés au Super U d’Ernée à qui on a failli prendre un rein , des histoires parfois entendues , répétées , qui finissent par être prises pour argent comptant , d’autres qui ne figureront jamais dans ces fameuses légendes urbaines

     Et c’est dur, très dur à gérer

    Parce que la plupart d’entre elles croient en leurs histoires , ce ne sont pas des menteuses ni des mythomanes , ce sont des personnes naïves , ou simplement en quête de reconnaissance

    Elles sont en quête de reconnaissance, souvent avec maladresse, parfois accompagnée de rancœur et de provocation  

    Je dois les canaliser, ne pas les laisser gagner trop le terrain, et veiller  à ne pas les  laisser influencer le groupe par une victimisation excessive

    Il m’est arrivé parfois de voir comment l’influence d’une seule personne peut « polluer » diviser un groupe même éphémère et bon nombre d’adultes restent très influençables, ne possèdent aucun discernement, sont de vrais casiers à sentiments

    Chacun trouve du réconfort où il peut dans sa détresse,  entre barbituriques  , addictions et  paradis artificiels , il nous faut parfois faire preuve de compréhension ,  d’un soupçon de compassion  tout en gardant en tête que la mission qui nous est donnée doit être accomplie et quand la personne en face est en position de rejet ou d’hostilité , je tente de garder le cap , sauvant l’intégralité du groupe , tout en tendant une oreille qui évite ce principe d’exclusion

    C’est un aspect très complexe auquel j’imagine que vous vous êtes déjà confrontés

    Il n’y a pas de recette , à part la prudence , rester prudent ..sur tous les fronts

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