Le rideau se ferme sous des applaudissements claquants
Chaque fois , c’est le même sentiment , soulagée de pouvoir relâcher en concentration , parce que deux heures trente de scène , c’est pas de tout repos , et , un vrai pincement au cœur , parce que deux heures trente de scène , c’est un voyage , un trip , où je ressent la chaleur , la proximité de mes amis de chœur , parce qu’au fil des ans , nous sommes plus qu’un ensemble de choristes amateurs , des liens , de vrais liens se sont tissés , et chanter avec des gens qu’on aime, est ce qu’on peut espérer mieux ?
Je descends côté cour, Sérena me prend par l’épaule, et on fait notre numéro , c’est plus fort que nous , faut se lâcher
Dans la salle éclairée, je cherche des visages connus
J’entraine Serena vers le milieu et lui dis « faut que je te présente au Barbu «
Je saute au cou du Barbu, il adore ça , d’autres le saluent , c’est un personnage connu dans notre ville , dois je ajouter fort apprécié
Les deux petits garçons témoignent des gestes de tendresse à leur mamie Pierrot Baton , cela me touche énormément
Je les laisse et file voir les nouvelles choristes recrutées à la vente de DVD
Nous échangeons un peu , le femmedupianistefou vient me biser avec son petit dans les bras , elle est enthousiaste et conquise
Nous avons déjà donné le même spectacle la veille, mais incontestablement , celui du samedi est plus accompli , y’a plus d’énergie et de vitalité , c’est comme ça tous les ans
J’ôte ma robe noire, mon collant, mes chaussures et revêt un bon jean , j’ai chaud , je bois peu …
Je prête l’oreille autour de moi , et comprends vite qu’il y a eu du rififi dans les rangs , faut pas croire que tout est rose , inévitablement , y’en a qui se le jouent un peu solo , les rancœurs et les rivalités sont cultivés comme le mauvaise herbe
On tente d’apaiser, mais ce n’est pas gagné
Dans cette salle qui sert de loge, les bouteilles de bulles arrivent, les timbales en plastique dressées, les boites de biscuits acheminés
Les hommes et les femmes sont enfin réunis, ça nous a manqué
Paul, Pierre Alain et leurs copains basses ne mettent pas de temps à lancer » la Ballade Nord irlandaise «
Avec Bérénice , Carla , Agathe , Serena et Elénore , on se rapproche , nos voix se mêlent , c’est bon , pas forcément juste , mais on s’en fout , pas de public , on se lâche , c’est le moment
Des chansons se succèdent sans relâche, des tubes des années passées, puis des chansons de folkeux apprises autour d’un feu de camp, c’est délicieux , ça braille , ça danse , on improvise , on ose tout , même le plus décalé
Manu notre régisseur nous fait comprendre qu’il faudrait bien fermer la boutique
Le choriste s’incruste, n’est jamais fatigué, le choriste est survolté
Pas loin d’une heure du matin, il faudrait se séparer …
Nous prolongeons chez Thierry autour d’une boisson chaude, son chat obèse nous regarde perplexe..
Vers 2h un peu plus, on se quitte heureux..
Je dépose Pierrot Bâton dans sa banlieue et rentre dans ma maison endormie
Je lis vos commentaires, les messages privés pour ma bannière, je me rassasie encore de cette chaleur humaine
Je poste deux mots sur FB, Gwen et Théodore ne parviennent pas à trouver le sommeil
Il faudrait pourtant.. louloutte se colle sur mes genoux
On le sait, on est prévenus, après ces moments là , les dimanche on comate et le lundi , faut se faire sacrément violence pour ne pas se laisser gagner par le blues
Se remettre en tête que nous devons nous nourrir de ces moments intenses, que c’est parce qu’ils sont rares qu’ils prennent toute leur force, que cette drogue là doit nous envahir d’énergie communicative auprès de nos proches
Purée, le lundi …
Photo Pierrot Bâton