L’autre matin, nous sommes allés à la banque
Je n’aime pas les rendez vous avec les conseillers bancaires, je ne comprends rien aux placements, aux taux, les intérêts, voir sur le long terme, assurance vie, tout ça est loin de mes préoccupations, je n’écoute pas tout, je hoche de la tête
Et puis nos enfants qui sont déjà sujets à avoir des comptes, carte bleue, tout ça, je sais, c’est la vie mais ce n’est pas mon monde, les chiffres, vous le savez
J’ai observé la jeune femme derrière son bureau, bien coiffée, manucurée, bijoux fins, mais pas élégante, disons rien de plus, propre quoi
A son poignet, un bracelet en mousse, sur lequel on pouvait lire « camping des flots bleus «
J’ai eu du mal à imaginer qu’elle portait ça depuis l’été dernier
C’était certainement le pass camping de ses dernières vacances, et elle était incapable de l’enlever, tout comme certains adultes portent longtemps les bracelets brésiliens tressés par leur fille, leur nièce …
La trace
J’aime observer ces traces, ces choses qui rappellent un voyage, une grande fête, un événement...
Le vernis à ongle écaillé posé par la manucure pour le mariage du siècle, les rubans en tulle sur les portières des voitures, les étiquettes de compagnie aériennes sur les bagages.la guirlande de Noël encore sur la cheminée en mars.
La trace d’un rouge à lèvres sur un col de chemise, la trace du bronzage de l’été …la liste est longue
Ces choses que l’on garde, comme pour prolonger l’événement déjà regretté.