Vous recevez une invitation pour un diner entre amis, et l’éternelle question qui se pose « qu’est ce que j’apporte ? «
Ce fameux rituel /échange, la maitresse de maison (je n’aime pas ce mot) met les petits plats dans les grands et les convives arrivent avec des fleurs, du vin, des chocolats.
Ma mère détestait ce rituel, elle était toujours embarrassée de recevoir une plante, oui, les plantes vertes ne sont pas toutes jolies, ne m’offrez jamais de caoutchouc, je déteste le caoutchouc, faut le savoir, encore moins cette plante étrange dont j’ignore le nom
Nous recevons beaucoup, presque toutes les semaines, et depuis des années, ce rituel n’est plus un problème, nous avons nos codes
Parfois les amis proposent d’apporter un dessert, souvent c’est une bouteille qui se promène dans les mains, ça permet de découvrir, de tester, de partager surtout
Et le « on vient les mains vides ! « Est aussi aisé, pas de chichis, pas de tracas, faisons simple !
Quand nous sommes invités, je coupe des fleurs dans le jardin si j’en ai, ou j’achète des fleurs simples, genre tulipes ou anémone, mais jamais, ou très rarement de bouquet sophistiqué
J’aime recevoir un bouquet collectif, le « merci « d’une bande de copains qui aura ruiné personne, ou les consommables, biscuits, confitures, chocolat
Il m’arrive aussi d’offrir des conserves de la belle illoise, c’est toujours apprécié, et ça se partage
J’ai reçu deux couples d’amis il y a quelques jours, cela faisait des années que nous ne nous étions pas retrouvés autour d’une table
Mes deux copines Marieke et Clémence m’ont offert une très jolie écharpe
Je leur ai bien précisé que ce n’était pas mon anniversaire, elles ont souri
J’ai accepté leur geste, elles ont voulu faire plaisir et je garderai cette étole sur moi, les petits accessoires futiles et légers, nous savons bien les porter nous les femmes
Nous avons tous un regard personnel sur ce rituel, nos codes, parfois enfermés dans des conventions qui ont du mal à se briser
L’échange, le troc, le don.
Jamais de surenchère, sinon on arrête, je ne veux pas entretenir des liens trop artificiels
Quand mes parents viennent à ma maison, dans le coffre de la Twingo, y’a toujours un sac de patates, un gigot ou un poulet prêt à cuire, des laitues et des kinder pour les enfants
La dernière fois, ils ont oublié les kinder
Et Rose a dit à sa grand-mère « pas grave mémé, tu sais, on grandit … »