A la caisse du supermarché, une dame âgée a laissé passer une femme qui avait peu de marchandises ; celle ci repart chercher d’autres choses et revient se replacer devant la dame
Elle lui fait remarquer courtoisement, qu’elle aurait pu faire la queue, que c’était trop facile
Et là, la jeune cliente commence à vociférer, la dame se défend et brutalement, l’autre se met à brailler, en la tutoyant, en lui lançant des « ta gueule «, une autre qui se trouve à côté en rajoute une couche, et les clients autour regardent leur pieds, les caissières n’interviennent pas
Je sens que ça bouillonne fort dans mon cœur, je respire et le débit continue
La scène est surréaliste, le flux d’insulte est incommensurable et je leur lance un :
« Et ho, ce n’est pas fini, vous vous respectez là, stop ! »
Evidemment, retour de bâton, de quoi elle se mêle celle là, mais je ne me laisse pas démonter, je fixe les bimbos et leur demande de se taire, elles se calment un peu, la pauvre dame est toute retournée, et veut avoir le dernier mot
Je m’adresse à elle comme à des gamins en colonie de vacances, rien ne m’arrête, c’est plus fort que moi, je leur fait remarquer qu’il y a un enfant, le leur en l’occurrence et qu’elles doivent arrêter leur cirque
Plus personne ne bronche. J’ai le cœur qui palpite mais ne regrette rien
Je continue à les fixer dans les yeux
Je range mes courses et mon caddie, la dame âgée se trouve sur le parking, me lance un regard complice, je lui dis juste qu’on ne doit pas laisser faire
Et là, vlan, voilà les deux miss monde qui rappliquent avec leurs griffes, leurs crocs, ainsi que la femme voilée qui avait cru bon de se mettre dans leur camp (les trois grâces ne se connaissaient pas)
L’une d’elle est habillée comme José Garcia dans Nulle part Ailleurs, poitrine débordante dans un corsage serré, jupe courte, bref, une caricature
Elles foncent vers nous, vexées, « qu’est ce que vous cancanez sur nous ? »
Pauvres gamines, et elles remettent ça, j’en passe, continuent à insulter la pauvre dame, de conne, en continuant à la tutoyer, rien ne les arrête, il faut se séparer vite, elles sont capables de gifler ou de mordre
Je n’ai pas peur, je suis juste abattue, et me fait une raison, elles sont irrécupérables
Je ne leur trouve aucune excuse, elles n’ont aucune règles sociales, aucune réserve, elles vomissent des mots comme d’autres se gavent de friandises, lancent des regards méchants et, se vautrent dans leur discours comme dans une vase dans laquelle elles s’engluent au fil des ans, iront certainement crier à l’exclusion, comment trouver sa place dans ce monde avec ces codes là ?
J’ai regardé la bimbo s’éloigner, elle a pris son petit dans ses bras, à l’horizontale et je me suis dit qu’il arrivait dans un monde où peu à peu les grands devaient lui donner quelques clés pour cohabiter, et que c’était peine perdue
Faut pas rêver
Irrécupérables …
Face à cette misère humaine, j’en arriverais à aimer les sacs poubelles dans les centres ville.