Vous connaissez cette chaussure, cette sandale de plage, portée, vue et revue dans les années 70, 80 ?
Elle fait un retour en force cette année, l’accessoire tendance qui sera porté par tous enfants.
Je n’ai pas souvenir d’avoir eu ça aux pieds enfants, je portais des tongs en plastique qui cassaient facilement.
Cette sandale évoque le souvenir des enfants que j’avais en colonie l’été.
Ils avaient pour la plupart cette chaussure aux pieds pour 4 semaines, ça va sans dire qu’elle cédait assez rapidement, ils portaient des chaussettes avec, très élégant. Quand cette chaussure en plastique avait rendu l’âme, il ne leur restait que leurs bottes en plastique pour marcher, je passe les détails, l’odeur, une infection !!
Les enfants venaient pour la plupart de quartiers populaires, des enfants cas sociaux pour être direct.
Les plus jeunes avaient 5 ans, 5 ans, plus jeunes que Rose, arrachés pour quatre semaine à leurs parents, ils s’accrochaient comme ils pouvaient à leurs grands frères ou sœurs, des ados qui avaient bien d’autres préoccupations que les consoler
Ils n’avaient pas tous de valises, ni de sacs, pour certains, ils fallait se contenter, d’un sac « Continent « dans les poignées cédaient très vite. J’ai parfois traversé Paris avec eux, en métro, surveillant le groupe, portant mes propres bagages, une odyssée mais l’inconscience de mes 20 ans qui me mettait à l’abri d’en perdre un en route.
Le quotidien et l’hygiène prenaient beaucoup d’énergie, le trousseau était sommaire.
Une brosse à dents, un dentifrice souvent vidé le deuxième jour dans un lavabo, des gants de toilette non marqués et une savonnette.
Pas de boite à savon, donc la savonnette traînait dans un sac plastique, pas de trousse de toilette non plus, un désastre.
Quelques-uns uns souffraient d’énurésie nocturne. Les dortoirs étaient envahis d’une odeur épouvantable, urine, linge sale, bottes, nourriture parfois..
Nous gérions tant bien que mal ce groupe, las, usés, parfois découragés, mais avec une force, une énergie incroyable.
Nous voulions leur donner du plaisir, chanter, danser avec eux, organisions des jeux extraordinaires, des veillées mémorables
Il fallait que chacun trouve sa place, que chaque enfant reparte avec des images plein la tête et très souvent le pari était gagné
Nous devenions complices, abordions le quotidien avec beaucoup d’humour, un certain détachement …
J’avais auprès de moi, des animateurs extraordinaires, habités par la passion, une flamme.
Je ne plaignais jamais de ce travail, je l’aimais, j’ai beaucoup, beaucoup appris, forgé ma pédagogie, mon regard sur l’humain, que je souhaitais positif..
Chaussons cette sandale mémorable, elle restera toujours pour moi, celle de ces enfants, parfois violents, toujours attachants, j’ai encore en mémoire leur visage, leur prénom …