A peine mes études terminées, je trouve un travail d’institutrice suppléante, dans une petite ville que je connais bien.
Je n’ai pas de logement, dans l’urgence, l’école me prête un logement de surveillant, tout près des dortoirs.
Une cuisine, une chambre, un petit salon, une salle de bain, tout est meublé.
Je suis contente de m’installer toute seule, je suis très indépendante depuis longtemps.
Le soir venu, je réalise qu’un page se tourne, mes études terminées, je rentre dans un monde, un autre monde, celui du travail, des rivalités, des niaiseries aussi parfois.
Le soleil de septembre me donne des envies de dehors, je suis enfermée.
Je n’ai pas d’expérience, ou si peu, je vais devoir m’adapter, prendre des risques, me justifier
Dans ma tête raisonnent des musiques, je suis loin, un peu perdue, nostalgique déjà de mes belles années d’insouciance
Je m’isole et j’écoute Téléphone, et en boucle je repasse « Télégraph Road, » de Dire Straits
Je suis reliée à rien, à personne, pas de téléphone, il me manque..
Je traîne partout avec moi mes vieilles cassettes de lycée, mon appareil radio cassette, reçu pour mon Bac
Je vais prendre les évènements comme ils viendront, déjà fière de gagner ma vie, libre d’aller ou je veux avec ma voiture, de rentrer quand je veux.
Je suis prise entre ce sentiment de liberté et d’indépendance, et cette prison où j’ai un peu l’impression d’être enfermée ;
Je n’ai que 20 ans, je dois vite trouver un appartement.
Le temps de rédiger cette note, la chanson Télegraph Road, se termine, je ressens toujours autant d’émotion en écoutant l’intro, il n’y a que moi qui ai vieilli .