Quelques mois plus tard, nous nous retrouvons dans ce même parc, le soleil tente vainement de nous réchauffer .
Je suis transie, meurtrie, mes yeux se brouillent, les larmes n’ont cesser de couler durant le trajet, je n’arrivais même pas à parler, dire quoi que ce soit
Le père de Anne me tend les mains, il me dit des choses réconfortantes, il essaye de trouver aussi le peu de mots pour gommer sa peine, impossible, juste se sentir les uns les autres, se donner des gestes d’amour, trouver auprès d’elle la force..
Je m’avance entourée de ceux qui l’aiment
Je m’approche auprès de mon amie, la sœur de Jérôme me tient la main
Anne est belle, son visage n’est pas marqué par la souffrance, elle repose dans ce lieu, sereine et enfin soulagée.
Ses cheveux commençaient à repousser, je me remémore nos plaisanteries à ce sujet, je lui avais conseillé de les laisser très longs et de se teindre en blonde
J’effleure son foulard, je le saisis, je n’arrive pas à prier, je la regarde, je suis là, auprès d’elle.
J’aurais besoin d’être isolée, une musique douce berce ma douleur .
Elle aimait chanter, je chanterai pour elle, encore et encore ..
Je réalise que ce sera notre dernier rendez-vous, je ne veux pas penser aux funérailles, j’irai mais ce qui compte encore c’est de la voir, de me tenir à ses côtés
Jérôme ne peut pas rester, il n’accepte pas, il ne peut pas
Je l’accompagne, je lui dis au revoir …à mon amie
Nous avons tellement reparlé de ce moment, essayant de savoir si elle avait parlé de sa mort
Elle en avait parlé dans ce parc, c’était là qu’elle allait se ressourcer entre les traitements, c’est certainement là qu’elle avait pu en parler
La tendre complicité, les rires, tout ce qui m’a unit à elle, m’ont aussi scellée à ses proches
J’aime Lorenzo comme un frère, j’aime Nath comme une sœur .
Nous sommes liés tous, fortement liés par une femme, une mère qui a semé dans cette vie, la sienne, une avalanche d’amour et de tendresse.
Il n’est pas un jour ou je ne pense pas à elle ,depuis déjà bientôt trois ans ..