
A la sortie de la messe, Henri vendait des petits bleuets à épingler sur la veste, au profit d’un familles des victimes de la première guerre.
Je trouvais ça joli cette petite fleur en papier, fidèle au bleuet original .
Les hommes l’épinglaient avec fierté comme s’ils venaient de recevoir la Légion d’honneur, mon père n’y avait pas droit, puisqu’il n’allait pas à la messe, sauf le 11 novembre avec les combattants d’Algérie .
Je redoutais ces commémorations, ces chrysanthèmes et drapeaux, il se passait à ce moment quelque chose de morbide, je ne comprenais pas grand chose, mais j’étais mal à l’aise.
Un jour, le fameux Bleuet de France, fut remplacé par un autocollant
Oui, un vulgaire autocollant, paf, collé sur le veston,
J’étais déçue, je trouvais que ça n’avait plus d’allure..
Ma mère conservait les bleuets dans des boites à rien, mais pas les autocollants .
Mes parents, ne supportaient pas que nous vendions un quelconque billet de tombola, autocollant ou autre billet de bienfaisance .
Il y avait à l’école des autocollants pour les associations de parents d’élèves laïques, on en achetait un, et on le collait sur notre vélo .
Ils ne donnaient pas aux œuvres caritatives, sauf à la ligue contre le cancer, parce que ma mère était sauvée , jusqu’au jour ou le scandale Crozmarie éclata au grand jour, j’ai cru que mon père ne s’en remettrait pas .
Je n’aime pas non plus quand les enfants rapportent des billets de tombola de l’école
Ça m’énerve, je me sens prise au piège, comme quand j’étais enfant, le maître nous incitait à vendre, nos parents nous l’interdisaient .
J’ai donné longtemps à Médecins du monde, puis j’ai arrêté
Avec mon groupe vocal, nous donnons régulièrement des spectacles pour des associations caritatives
Je donne de l’énergie, du temps, ça me fait plaisir et je ne culpabilise pas …je ne culpabilise plus ..