
A cette époque, je travaillais à temps partiel en crèche, pas entre l’âne et le bœuf, mais avec une équipe d’auxiliaires puéricultrices, notre tâche consistant à encadrer au mieux les enfants qui nous étaient confiés
Marie Caroline avait une sacrée imagination pour amuser les petits, elle partait toujours en quête de nouveaux accessoires, et ce jour là, elle apporta un petit Père Noël animé
Il avait du abuser de la vodka le pauvre bougre, son visage rougeaud, n’inspirait pas confiance, il arborait un sourire à moitié pervers, et surtout, il se dandinait bêtement au son d’une musique électronique minable ressemblant vaguement à « Jingle bell «
Les bébés avaient un peu peur, et nous, patiemment avons accepté que le pépère se balance de temps en temps, mais en fin de journée au bord de la crise de nerf, nous avons supplié Marie Caroline de ranger le poivrot dans son vestiaire et de nous épargner d’une telle torture !
Quelques jours plus tard, elle apporta aux enfants, les traditionnels « Jésus « des sucreries croquantes au couleur pastel, qui ne coûtent pas bien chers, mais ne laissent pas un souvenir impérissable, on recevait ça au Noël de l’école primaire
Marie Caroline distribuait ses friandises en disant d’une voix aiguë
« Qui c’est qui veut un petit Jésus ? «
Marie Camille me regardait amusée, nous n’avions pas besoin de nous en dire plus
Marie Caroline était généreuse et kitsch, tout partait d’un bon sentiment, mais elle était souvent à Côté
A un carnaval, elle arriva avec une perruque de clown, le haut du crane dégarni et sur les côtés des cheveux synthétiques oranges et verts, un désastre .
Elle enfila la perruque, les bébés se mirent à hurler, son nouveau visage provoqua la terreur dans la pièce, comme si Freddy, héros de films d’horreur était parmi nous .
Avec délicatesse, nous avons alors convié une fois de plus notre collègue à ranger son truc au vestiaire .
C’est fou ce qu’elle me faisait rigoler ; pour décorer les locaux, Marie Camille avait toujours beaucoup de goût pour créer un décor de Noël harmonieux , avec des éléments naturels, et Marie Caroline avait toujours la touche finale, une guirlande verte, clinquante voire même un père Noël en relief posé au mur, rien ne l’arrêtait .
Avouez que vous aussi, vous avez votre Marie Caroline, une tante, une voisine, votre belle mère peut être …une collègue ,une voisine ..
Elles apportent toujours quelque chose de chaleureux, et animent à leur insu nos vies..
on ne vivrait peut être pas avec …