
Devant l’écran noir et blanc à l’image qui vacille, Madame Bion annonce la nouvelle
« Madame, vous allez avoir un petit garçon «
Trois larmes coulent sur ma joue, un fils , je vais avoir un fils, j’avais déjà une fille, un bonheur, des heureux, faut que je le dise..
Dès le premier jour son regard envahissait mon cœur, j’aurais pleuré rien qu’en le voyant, il était d’une beauté inouïe, fragile et costaud
Dans sa première année, il était très émotif, pleurait dès qu’il ne me voyait plus, je pouvais difficilement le confier à d’autres. J’entendais des tas de choses « lâches le « on voyait déjà chez lui un marginal, marchant à dix huit mois, très très calme, là où je le posais il restait, triturant des objets, observant autour de lui
Il a grandi mon boy, il est pénible parfois, un vrai boulet, pas toujours téméraire, un peu, beaucoup, douillet, parfois rebelle.
Il a grandi avec l’écran, calamité, Zelda et Link ses héros, je m’intéresse à ce qu’il fait, je ne veux pas qu’il s’isole.
Le soir il se glisse dans son lit avec son compagnon plaintif Mimie la vedette, son chat ronronne en le regardant avec compassion
« ma’heinnnnnnnnn «
Mark est tendre, il veut des bisous, des câlins.
Il apporte à sa petite Rose une complicité insoupçonnée, elle l’attend, le chéri.
Bientôt la voix de mon boy va changer, bientôt du duvet va pousser, bientôt quand il ôtera ses baskets la pièce sera irrespirable, bientôt il s’habillera avec les vêtements du fils de Véronique .
Je ne suis pas prête
Je ne suis pas prête à le voir devenir ado
Il m’aidera
Trouvera t’il encore l’envie de passer ses deux bras autour de ma taille
Quand il rentre du collège le sourire jusqu’au oreilles, je suis toute folle, comme si je ne l’avais pas vu depuis six mois, cinq minutes de retard, je suis affolée
Mon boy a grandi, mon boy est encore un petit homme
Mon cœur d’artichaut, restes encore un peu petit, ne vas pas trop vite, doucement..
Je ne suis pas tout à fait prête …