Dans certaines situations, je suis saisie par un sentiment étrange, un sentiment de rage mesurée, d’énervement, de semi révolte
Et bien plutôt que de m’emporter, de gueuler, je rumine, comme une bovine, je ressasse, je garde en moi des mots mastiqués incapables de les digérer
Puis brutalement, je passe à l’action.
Je pourrais trouver des exemples, des moments vécus, des lieux où brutalement, je me sens comme agressée, méprisée, non pas que j’attende une reconnaissance ultime, mais un minimum de respect, parce que le titre si honorifique qu’il soit d’élu, de responsable, ne permet pas seulement d’avoir les premières pages de la presse.
Je pourrais me dire comme tant d’autres, Jeanne tu t’en fous, ce n’est pas toi personnellement qui est visée, c’est un groupe, une communauté
Mais si je me sens proche, où directement intégrée dans ce groupe, je vis cela comme une injustice, et je ne veux pas me plier, donner mon temps, mon énergie
Je me retrouve prise aux pièges, face à mes choix, mes convictions, ça me ronge, j’essaye alors de m’entourer de personnes qui, par leur détachement me ramènent à cette réalité où je suis impuissante
Je n’aime pas les conflits, les guerres, les violences verbales alors j’arrondis, je tempère, et au final me rend compte que cela ne me fait pas avancer, pas comme je voudrais
J’ai pris conscience alors que je resterai sans doute bovine longtemps, ruminante, piètre exécutante.
Je me préserve bien alors de prendre la place qui n’est pas la mienne, une certaine forme de pouvoir, d’apparat
Mon père me disait souvent
« t’es révoltée « , « on ne change pas le monde «
Doit on tout accepter pour autant ?
Je ne suis pas assez vieille pour ça
Il me reste encore du temps pour ruminer, digérer …