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  • Comme une bovine

    main serrée.jpgDans certaines situations, je suis saisie par un sentiment étrange, un sentiment de rage mesurée, d’énervement, de semi révolte

    Et bien plutôt que de m’emporter, de gueuler, je rumine, comme une bovine, je ressasse, je garde en moi des mots mastiqués incapables de les digérer

    Puis brutalement, je passe à l’action.

    Je pourrais trouver des exemples, des moments vécus, des lieux où brutalement, je me sens comme agressée, méprisée, non pas que j’attende une reconnaissance ultime, mais un minimum de respect, parce que le titre si honorifique qu’il soit d’élu, de responsable, ne permet pas seulement d’avoir les premières pages de la presse.

     

     

    Je pourrais me dire comme tant d’autres, Jeanne tu t’en fous, ce n’est pas toi personnellement qui est visée, c’est un groupe, une communauté

    Mais si je me sens proche, où directement intégrée dans ce groupe, je vis cela comme une injustice, et je ne veux pas me plier, donner mon temps, mon énergie

    Je me retrouve prise aux pièges, face à mes choix, mes convictions, ça me ronge, j’essaye alors de m’entourer de personnes qui, par leur détachement me ramènent à cette réalité où je suis impuissante

    Je n’aime pas les conflits, les guerres, les violences verbales alors j’arrondis, je tempère, et au final me rend compte que cela ne me fait pas avancer, pas comme je voudrais

     

    J’ai pris conscience alors que je resterai sans doute bovine longtemps, ruminante, piètre exécutante.

    Je me préserve bien alors de prendre la place qui n’est pas  la mienne, une certaine forme de pouvoir, d’apparat

    Mon père me disait souvent

    « t’es révoltée «  , « on ne change pas le monde « 

    Doit on tout accepter pour autant ?

    Je ne suis pas assez vieille pour ça

    Il me reste encore du temps pour ruminer, digérer …