
Lorsque par la force des choses nous devions rendre visite à mes grands-parents paternels, c’était sous le signe de l’austérité et de la rigueur
La maison était sombre, une table au milieu de la pièce, la cuisinière à bois, la télévision et le réfrigérateur, un buffet.
Il n’y avait pas de cheminée
Parfois on s’aventurait à aller fouiner dans la chambre, ça sentait le renfermé, il y a avait des tas de tapis poussiéreux et lourds que mon père et mon oncle avaient rapporté d’Algérie
Pas d’animaux, pas de jouets, quand il pleuvait nous restions assis à la table, devant un verre de vin coupé d’eau, un Petit Beurre tout ramolli
Il y avait deux chambres à l’étage, je suis allée qu’une seule fois
Je me souviens y avoir vu une petite coiffeuse, assez élégante, elle supporte à présent l’écran et le clavier avec lequel je rédige cette note
Au moment de partir, ma grand-mère ouvrait la porte du buffet et en sortait une tasse en pire jaune et nous disait
« Voulez-vous un bonbon ? »
C’était comme une récompense, un trophée
Je mangeais l’acidulé, le goût acide restait au palais, cela ne me procurait aucune sensation, c’était un rituel
Je n’aime pas les bonbons, j’en achète jamais, sauf aux anniversaires des enfants, des bananes très jaunes, des fraises..
Parfois on m’offre des bonbons, des spécialités, des nougats
Je ne les mange pas, les enfants n’en raffolent pas après non plus.
Je les garde, tout en haut d’un élément de cuisine inaccessible
Le temps passe, le sachet reste fermé, c’est un don, un cadeau, je suis incapable de le jeter, parfois la date est passée, il me faut prendre une décision
Je n’ose pas dire que je n’aime pas les bonbons
Ma grand mère maternelle avait un placard dans lequel elle rangeait des tablettes de Crunch, sans lui demander nous allions ne chercher un morceau
Mes parents font des stocks de barres chocolatées pour mes enfants
Ils ouvrent aussi la porte du buffet , fermée à clé, les enfants ont ce rituel là
Les grands-parents perpétuent à leur façon ces petits dons sucrés.
Je préfère le chocolat