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  • Trajets

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    Louis me faisait remarquer que je passais beaucoup de temps durant les vacances, et dans l’année, à faire des trajets pour les enfants

    Je les emmène à leurs activités, au sport, chez les copains, quand ils ont besoin

    A 9 ans, Mark rentrait seul de l’école, il prit le bus de ville en Cm2, il se repéra vite dans notre petite ville, je le trouvais très autonome

    Ellen se déplace seule quand elle peut, à pied,  en bus

    Elle sollicite le transport de ses amis si possible, certains ont le permis de conduire

    Je ne compte pas mon temps, c’est mon travail de maman, c’est tout et le temps des trajets, je parle avec  eux

    Ils me racontent leurs activités, leurs soirées

    C’est un temps privilégié, rien que pour eux

    Ils ont besoin de parler de ce qu’ils font, j’ai besoin de connaître leurs loisirs, leur environnement

     

    Ma mère n’avait pas de permis de conduire

    Elle l’avait passé 5 fois, et avait perdu confiance en elle

    Je ne suis pas certaine que mon père lui aurait donné le volant pour autant

    Nous avions la gratuité des transports ferroviaires

    Mon père était persuadé que ça couvrait la totalité de nos déplacements, pas vraiment

    Les sorties nocturnes étaient proscrites, sauf au lycée, quand ma copine m’invitait à dormir chez elle

    J’en ai souffert, toujours négocier, être dépendants des autres, de tout.

     

    Je me souviens que de l’age de 15 ans, avec Louis, nous partions de bonne heure le matin, l’été et nous montions dans le train

    On visitait des villes normandes et puis Paris

    Nous avions une facilité pour nous déplacer, c’était une sacrée chance

    On connaissait toutes les gares, les quais …

     

    C’est bon de permettre aux enfants d’être autonomes

    Mais pas pour autant leur dire « faites ce que vous voulez, débrouillez-vous ! « 

    J’ai besoin de savoir où ils sont, avec qui, je fixe des horaires, des limites à respecter

     

    J’apprendre encore de les laisser, les lâcher, j’ai peur pour eux, chaque retard j’ai la gorge serrée

    Je ne sais pas si on est prêt un jour, sans doute …faire confiance, ne pas étouffer, leur demander juste d’accepter nos peurs, de nous rassurer..