
Ce professeur de français de quatrième marqua sans le savoir un tournant dans mon » vécu culturel «
Il était passionné, par les auteurs, les poètes, il aimait les mots, la littérature
Il n’arrivait pas forcement à nous faire aimer les auteurs, Boris Vian, Prévert.. mais il leur portait une telle considération, qu’il était impossible de rester indifférent
Il était un peu dandy, quelque peu maniéré, il lui arrivait de se mettre en colère, pour peu, d’avoir des réactions un peu brutes, pour moi qui maniais les mots comme on manie un torchon
En fin d’année, il apportait sa guitare et il chantait Brel, Brassens..
Ceux là, je ne les avais jamais entendus, presque jamais vus
Les mélodies restèrent dans ma tête, pour longtemps
Des années plus tard, je me formais à la littérature jeunesse, j’adorais découvrir les nouveaux auteurs, et qu’elle fut ma surprise de voir que ce professeur publiait à son tour des ouvrages pour enfants
Je racontais ses livres à Ellen, avec une certaine complicité, fierté
(C’était mon prof ! )
Je me décidais alors à lui écrire, lui racontant mon parcours, le remerciant, lui disant qu’il avait semé des graines, que je les récoltais à présent, avec ma famille, dans mes loisirs, dans mon métier
Il m’envoya une lettre manuscrite, me disant combien il était touché d’avoir eu un tel témoignage de la part d’une ancienne élève
Aux enfants il dédicaça une carte
« la tête dans les nuages «
On se souvient bien de ceux qui nous ont blessés, humiliés parfois, on cultive des rancunes, des aigreurs
Mais remercier, dire, avec des mots simples, combien ils ont compté pour nous, est une démarche positive dont on aura bien tord de ne pas faire profiter
Ais je semé à mon tour ses petites graines là, je le crois, sous diverses formes, à des enfants, des adolescents, des parents..
Semons, récoltons sans limites !