03.11.2009
Les taupes

Dans son jardin, mon père a toujours traqué les parasites
Il était à l’affût de la moindre mauvaise herbe, il scrutait la vermine, les gallinacés, les indésirables
De temps en temps j’allais avec lui
Il ne parlait pas beaucoup, il écoutait les « grosses têtes « sur RTL et il rigolait tout seul
Il avait installé des pièges à taupes
Il réussissait à les déposer sur leur passage, et il allait vérifier si les pauvres bêtes étaient défuntes
Dès qu’elles quittaient les entrailles de la terre, clac, pour y retourner un peu plus tard, sans vie !
Drôle d’aller et retour
J’ai en mémoire d’avoir vu des taupes mortes, sacrifiées dans leur piège
On ne leur voyait jamais les yeux, elles avaient le museau en avant, drôle de bêtes
Je crois que je n’en jamais vu de vivantes
Myope comme une taupe
Je les imaginais avec de grosses lunettes de fonctionnaire d’antan, avec des verres épais
On s’en fait des idées parfois
« Tu as repeint ton couloir, c’est joli la couleur ? »
« C’est Taupe «
Taupe, c’est pas une couleur, c’est une bestiole
J’aime bien ces modes, ces tendances, on trouve de nouveaux noms à la couleur
Le terre de Sienne devient chocolat, le rose tyrien deviens framboise et …
Ce sera l’année de la taupe, dans les cuisines, dans les boutiques, corsages, manteaux, taupe !!!!
Il est grand temps de réhabiliter le pauvre animal maudit
Moi aussi j’ai mes petites taupes, tous ceux et celles qui ne douce, sans bruit, sous la terre, enfouis viennent lire quotidiennement mes petites histoires
Sans se manifester, je ne vais pas vous traquer, vous piéger, ah ça non
Creusez vos galeries, levez le nez dehors quand bon vous semble
C’est trop triste une pauvre taupe obligée de sortir de l’obscurité
Désormais je vous appellerai mes taupinettes !
06:00 Ecrit par Jeanne dans anecdotes | Lien permanent | Commentaires (38) | Envoyer cette note


