Lycéennes un peu écervelées, nous écoutions Morgane de toi, dans la chambre de Chloé
Nous étions mélancoliques avec ses chansons, de si belles mélodies, les plus légères n’étaient pas mes préférées
Avec Léo, en camping, j’écoutais en boucle ma Gonzesse, et la chanson de Pierrot, son copain, son poteau
J’ai déserté ses textes, plus tard, dans une autre vie, plus anglo-saxonne, plus folk aussi
Puis il s’est perdu, on n’y pensait plus, d’autres avaient pris sa place, comme s’il était mort
Un retour, qui fit un boucan d’enfer, la scène, la première, chez nous
Ce n’était pas un hasard s’il était venu dans ma ville pour retrouver ses fidèles, il aurait trouver de l’aide ici …
Si émouvant de le voir sur cette scène, notre scène
J’en tremblais …
Je m’époumonais à chanter ses textes, certains d’entre eux avec la troupe
Mais sa voix commençait sérieusement à se faire la malle..
Je suis retournée la voir, une deuxième fois, impossible de ne pas être là
Et il s’en est allé, encore, sans bruit, sa vie..
J’attendais patiemment encore un retour
Et le revoilà, enfin, sage, poète, fragile
J’ai écouté, ses balades …
Avec effroi, c’est indiscutable, il a perdu sa voix
Put…. de voix, pour un chanteur, quand tu la perds …
Perdre sa voix, ne plus chanter, rauque, hésitante, fausse …
Terrible constat, il ne peut plus chanter
On peut greffer un rein, mettre une prothèse à une jambe amputée, mais la voix, put …. , la voix, ça se refait pas …
Je l’aime …
ignorant même qu’il avait chanté pour moi …