
Nous avions chargé la camionnette de tous nos cartons, meubles démontés, refermé la porte une dernière fois, rendu les clés
Le lendemain de très bonne heure pris la route vers l’Ouest, quittant sans aucun regret ce pays qui nous avait accueillis durant trois années
A midi nous avions fait une pause déjeuner, j’avais donné la tétée à mon tout petit bébé chez des amis près d’Auxerre
Nous avons roulé tout l’après midi, la nuit était tombée et en soirée, nous avons posé le véhicule dans l’impasse de notre nouvelle maison
Une maison, au bord de l’eau, que je n’avais pas vue, trouvée par Peter et Maggie
Nous avons sonné, et la porte s’est ouverte
A l’intérieur, il faisait chaud, très chaud, la maison était pleine, les sœurs, les parents de Jérôme avaient pris possession des lieux, ils avaient dressé une table, et les tantes telles des fées s’étaient penchées sur le berceau offrant leurs petits cadeaux de bienvenue à Ellen
Elle avait cinq semaines
Le lendemain, armés de perceuses dévisseuses, les hommes avaient remonté les meubles, les femmes posaient la vaisselle au fur et à mesure, c’était comme dans un film, ça s’agitait de partout, ça tournait dans tous les sens
Je donnais quelques consignes, je m’occupais avant tout de mon bébé
Le lundi qui suivi, Jérôme et moi savourions notre bonheur
La voisine d’à côté vint se présenter
J’ignorais à cet instant là que j’allais enfin poser mes valises et cartons, j’ignorais que cette terre deviendra la mienne, j’étais loin d’imaginer les sublimes rencontres que nous allions faire dans cette ville au bord de l’eau
Cela fait tout juste seize ans que nous vivons là, le hasard, la persévérance, la patience, le choix, les choix …
Je ne me suis jamais lassée de longer la rivière, par tous les temps, nous avons jamais regretté notre exil, mais bien vite compris que ce ne serai pas le berceau de nos enfants
Trouver sa place, s’y sentir bien, souhaiter d’y rester, longtemps …
Pourquoi pas d’y vieillir …