Petite fille, je rêvais d’avoir une robe de chambre, une vraie, comme dans les films, qui me tiendrait chaud après la douche du samedi soir
Ma grand-mère en avait cousu une pour elle, et pour ma mère au cas où elle ira à l’hôpital, je me souviens encore des tissus matelassés qu’elle m’avait donnés pour faire une couverture à ma poupée
Je n’aimais pas voir ma mère en robe de chambre à l’hôpital, mais j’ai gardé longtemps en mémoire le bleu du tissus des dimanche matin
Un jour, ma tante nous avait rapporté des robes de chambres du Cherbourg, j’étais contente et déçue parce que le tissu en nylon ne me plaisait pas, j’aurai voulu un peignoir en éponge
J’ai su patienter....
Quand j’ai commencé mes études, c’est une des choses que j’ai acheté, un peignoir un vrai
Je l’ai porté très longtemps, jusqu’à l’usure, et l’ai changé il y a quelque temps
J’avoue avoir eu du mal à jeter.. Je me suis fait violence au moment venu
Quand les enfants étaient petits, ma belle mère leur avait fait des burnous en polaire, ils adoraient se lover dedans, et quand ils ont eu, les grands une taille susceptible de ne pas trop changer, je leur ai offert des peignoirs
Il y a quelques jours, je regardais Mark dans son peignoir, me disant, qu’il commençait à être trop court, aux bras et aux jambes
« Maman, c’est un des plus beaux cadeaux que j’ai reçu « me disait mon fils, je ne peux pas le changer
Un matin, Rose frissonnait en sortant du lit
« -Met un peignoir !
- Ah non, a-t-elle rétorqué avec sérieux, ça me rappelle Philippe Katherine «
Elle a parfois des arguments qui me dépassent
Bientôt, elle aussi aura un vrai peignoir de grande, et comme sa sœur, elle se roulera dedans encore trempée, et collera sa tête contre mon épaule, parce qu’elle s’y sentira bien