En cadeau de mariage, Léon nous avait invités à passer quelques jours à Rome
Nous avions pris un train de nuit à Mulhouse et avions débarqué fin mars dans la belle ville Italienne
Le ciel était d’un bleu époustouflant sur les murs orangés des maisons, nous avions sillonné la ville, les quartiers, les places, les monuments, ébahis devant cette fabuleuse architecture baroque
Léon nous avait aménagé une chambre de fortune à St Louis des Français où il résidait , il était heureux , content , tellement ravi de nous accueillir , il était notre guide , connaissait tous les recoins de la ville , je me souviens de la Place St Pierre quasi déserte d’un soir , des cappuccino délicieux , des gélati à tomber …
Le dimanche soir, Léon nous avait conviés à un concert de musique baroque, offert par l’ambassade de France au Vatican à Saint Louis des Français
Les dames avaient revêtir leurs plus belles tenues, elles scrutaient les chapeaux des autres, commentant en catimini jusqu’au moment ou l’artiste fit son entrée
Le haute contre Gérard Lesne interprétait des extraits de Vivaldi, de Monteverdi, sa voix était bien au dessus de celle d’un ténor, ce qui reste rare donc impressionnant
Oui, vous avez bien lu, le grand, l’immense Gérard Lesne
L’homme n’était pas un exemple d’humilité croyez moi, il avait certes un don inouï pour interpréter les plus beaux morceaux baroques, mais le personnage devint vite ….difficile à regarder
Mais à écouter ….c’était autre chose surtout quand mes yeux se tournaient sur le tableau pathétique du Caravage - Martyr de Saint Mathieu (des clairs obscurs fascinants qui restent des modèles pour les plus grand peintres et photographes) 
Ce fut pour moi, une grande révélation, la musique baroque allait m’accompagner les cinq années qui suivirent
Nous étions tout juste équipés d’un lecteur CD et je passais toutes les semaines à la sonothèque de Belfort emprunter des œuvres
Les Passions et les Messes de Bach, les opéras de Purcell, les diverses versions des plus grands chefs baroques des années 80 :William Christie , Philippe Herreweghe et René Jacobs
Les chœurs me font venir les larmes, c’est puissant, dramatique, j’ai toujours su que je serais absolument incapable de chanter dans un chœur classique, mais les écouter en boucle rassasia cette grande découverte
Je n’aime que le baroque, plaisir extrême, fenêtres grandes ouvertes, fortissimo, grande jouissance auditive !
Les grand WE découvertes sont toujours ce qui me convient le plus, intenses, brefs, riches de souvenirs et d’envies
Cela fait des années que je n’ai pas revu Léon, il vit toujours une vie tranquille dans la Manche … c’est ainsi
J’ai quand même tapé son nom sur gougle, et après avoir vu défiler des images d’un footballeur belge qui porte le même nom, je suis tombée sur sa tête
Oh my God !!!!!!!