Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Le boudin

     

     

     La nouvelle est tombée la semaine dernière et vous a peut être échappé

    «  Un charcutier lavallois a reçu un prix « meilleur artisan de France du boudin blanc « 

     

    Bravo !

     

    IMG_0614.JPG


     

    Tous les ans, comme dans beaucoup de fermettes, le moment était venu de tuer le cochon

     Je me réfugiais dans ma chambre pour ne pas entendre son cri, ça me terrorisait

     Une fois la bête assommée, puis saignée, le travail allait commencer

     Le sang était battu  dans une bassine,  fallait pas qu’il  s’arrête de  tourner

     Ça me faisait tourner le sang

     

    Ma mère descendait à la rivière pour laver le boudin avec Louisette

     La voisine d’en bas ne lavait pas assez  le boudin

     «  J’en mangerais pas de son boudin !«  disait ma mère

     

    Puis, une fois remonté dans les seaux, elle le passait à l’eau chaude en retournant maint et mainte fois les  boyaux de la bête défunte

     La carcasse était  sagement pendue  dans le garage, pour qu’elle refroidisse

     Fallait faire attention aux mouches quand même, leur dire d’aller  butiner ailleurs

     

    Mon père préparait le sang dans des  plats en terre, garni de persil et d’oignons, il passait ça dans le four

     

    Ce n’était pas …bon

     Le boudin était grillé sur le charbon dans le fourneau

     Ça faisait un repas pour un soir

     Ce n’était pas bon …

     

    L’un des deux jambons partait en vacances chez l’oncle Marcel, un bonhomme qui m’agaçait, sa femme était déprimante, nous détestions  aller dans cette maison là

     Puis, le moment  était venu d’aller chercher le jambon qui avait passé quelques mois dans la cheminée du tonton  Marcel

     

    Le samedi matin, vers 9 h, mon père après avoir nourri les bêtes et trait les vaches, dégustait son petit déjeuner

     Il cassait  trois œufs dans une vieille poêle dans laquelle il avait  fait  frissonner  deux tranches de jambon fumé

     Et si parfois je me trouvais dans le coin, au  bord de la table  jaune en formica

     Il me disait

     «  T’en veux ? « 

     Et là, je peux vous l’affirmer

     C’était ….tellement bon