La nouvelle est tombée la semaine dernière et vous a peut être échappé
« Un charcutier lavallois a reçu un prix « meilleur artisan de France du boudin blanc «
Bravo !
Tous les ans, comme dans beaucoup de fermettes, le moment était venu de tuer le cochon
Je me réfugiais dans ma chambre pour ne pas entendre son cri, ça me terrorisait
Une fois la bête assommée, puis saignée, le travail allait commencer
Le sang était battu dans une bassine, fallait pas qu’il s’arrête de tourner
Ça me faisait tourner le sang
Ma mère descendait à la rivière pour laver le boudin avec Louisette
La voisine d’en bas ne lavait pas assez le boudin
« J’en mangerais pas de son boudin !« disait ma mère
Puis, une fois remonté dans les seaux, elle le passait à l’eau chaude en retournant maint et mainte fois les boyaux de la bête défunte
La carcasse était sagement pendue dans le garage, pour qu’elle refroidisse
Fallait faire attention aux mouches quand même, leur dire d’aller butiner ailleurs
Mon père préparait le sang dans des plats en terre, garni de persil et d’oignons, il passait ça dans le four
Ce n’était pas …bon
Le boudin était grillé sur le charbon dans le fourneau
Ça faisait un repas pour un soir
Ce n’était pas bon …
L’un des deux jambons partait en vacances chez l’oncle Marcel, un bonhomme qui m’agaçait, sa femme était déprimante, nous détestions aller dans cette maison là
Puis, le moment était venu d’aller chercher le jambon qui avait passé quelques mois dans la cheminée du tonton Marcel
Le samedi matin, vers 9 h, mon père après avoir nourri les bêtes et trait les vaches, dégustait son petit déjeuner
Il cassait trois œufs dans une vieille poêle dans laquelle il avait fait frissonner deux tranches de jambon fumé
Et si parfois je me trouvais dans le coin, au bord de la table jaune en formica
Il me disait
« T’en veux ? «
Et là, je peux vous l’affirmer
C’était ….tellement bon