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  • Complices et hilares ( 1)

     

    che_pont_tournant_2.jpgEn arrivant au lycée, j’étais plutôt heureuse de ne connaitre personne, seulement   Irma  avec qui j’avais fait ma scolarité, mais nous n’étions guère proches

    Dès le premier trimestre de la seconde, j’avais des copines toutes simples, sympathiques, des filles ordinaires, l’une d’elle était morose quand même, une autre imprévisible …

    Dans les couloirs,  nous parlions les uns avec les autres, et  sa toute petite voix douce et rieuse me plaisait beaucoup, c’était une fille d’une incroyable gentillesse

    Au fil des mois, nous aimions  rire et papoter, indéniablement, on se recherchait, elle avait  sa copine  de collège, une fille très polie  mais un peu coincée

    Puis vint le moment ou nous nous ne pouvions plus nous passer l’une de l’autre, Chloé et moi, on devint un duo inséparable, on agaçait, on intriguait, on enviait une telle complicité de filles

    Les profs nous aimaient bien , nous laissaient tranquille , on amusait la galerie en faisant des imitations , nous étions tout bonnement deux joyeuses nanas  qui mettaient une ambiance saine dans la classe

    Dès le matin nos retrouvailles étaient un ravissement , la vie au lycée était exaltante , non pas par les cours d’un rare ennui , mais par la vie , nos potins , nos confidences , nos amours , nos rêves , nos lamentations , nos fous rires  innombrables

    Elle me présentait à sa famille, j’allais dormir dans sa grande maison de pierre sans jardin, nous passions de nuits à écouter de la musique, elle était  fan des Stones, elle connaissait des trucs incroyables, elle me racontait ses souvenirs, elle parlait cinéma, on parlait de tout, tout le temps

    Nos origines étaient opposées, elle adorait mes descriptions des membres de  ma famille large, elle avait de la compassion, elle était drôle, irrésistible, je l’emmenais dans des déferlements de larmes  rieuses

    On ne se fâchait jamais, c’était impossible

    Chloé  avait ses blessures, dans son cœur  et dans son corps, je percevais  une certaine  fragilité

    Nous écoutions Renaud , Supertramp ,  Fleetwood Mac , Thiefaine , nous ne pensions pas trop à l’avenir ,  nos vies de lycéennes étaient  joyeuses , mesurées ,  notre  complicité se propageait à qui voulait bien de nous , nous étions soudées à une vraie bande de copains , on nous aimait bien toutes les deux

    En terminale,  je suis collée au premier tour au Bac, Chloé décide alors de rater le sien

    L’année qui suit, nous redoublons à 15 !