En arrivant au lycée, j’étais plutôt heureuse de ne connaitre personne, seulement Irma avec qui j’avais fait ma scolarité, mais nous n’étions guère proches
Dès le premier trimestre de la seconde, j’avais des copines toutes simples, sympathiques, des filles ordinaires, l’une d’elle était morose quand même, une autre imprévisible …
Dans les couloirs, nous parlions les uns avec les autres, et sa toute petite voix douce et rieuse me plaisait beaucoup, c’était une fille d’une incroyable gentillesse
Au fil des mois, nous aimions rire et papoter, indéniablement, on se recherchait, elle avait sa copine de collège, une fille très polie mais un peu coincée
Puis vint le moment ou nous nous ne pouvions plus nous passer l’une de l’autre, Chloé et moi, on devint un duo inséparable, on agaçait, on intriguait, on enviait une telle complicité de filles
Les profs nous aimaient bien , nous laissaient tranquille , on amusait la galerie en faisant des imitations , nous étions tout bonnement deux joyeuses nanas qui mettaient une ambiance saine dans la classe
Dès le matin nos retrouvailles étaient un ravissement , la vie au lycée était exaltante , non pas par les cours d’un rare ennui , mais par la vie , nos potins , nos confidences , nos amours , nos rêves , nos lamentations , nos fous rires innombrables
Elle me présentait à sa famille, j’allais dormir dans sa grande maison de pierre sans jardin, nous passions de nuits à écouter de la musique, elle était fan des Stones, elle connaissait des trucs incroyables, elle me racontait ses souvenirs, elle parlait cinéma, on parlait de tout, tout le temps
Nos origines étaient opposées, elle adorait mes descriptions des membres de ma famille large, elle avait de la compassion, elle était drôle, irrésistible, je l’emmenais dans des déferlements de larmes rieuses
On ne se fâchait jamais, c’était impossible
Chloé avait ses blessures, dans son cœur et dans son corps, je percevais une certaine fragilité
Nous écoutions Renaud , Supertramp , Fleetwood Mac , Thiefaine , nous ne pensions pas trop à l’avenir , nos vies de lycéennes étaient joyeuses , mesurées , notre complicité se propageait à qui voulait bien de nous , nous étions soudées à une vraie bande de copains , on nous aimait bien toutes les deux
En terminale, je suis collée au premier tour au Bac, Chloé décide alors de rater le sien
L’année qui suit, nous redoublons à 15 !