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  • Les retrouvailles (3)

     

    laval.jpgLes années passent ,  nous vivons dans l’Est , Chloé a quitté la Normandie après de longues et brillantes études, elle s’est installée  avec  son  ami ,a un travail qui la passionne  je suis heureuse pour elle ,  peu de contacts , à peine deux ou trois lettres , mais elle va bien , c’est ce qui compte le plus

    Le temps file… je perds sa trace

    Installés  en Mayenne, j’apprends par une copine en commun, qu’elle est revenue dans l’Ouest, je lui écris une longue lettre, elle me répond aussitôt, elle est folle de joie

    Elle  a eu trois enfants aussi ,  presque les mêmes âges que les miens , nous nous envoyons des cadeaux , de longues lettres ,  j’ai envie de la revoir , elle ne manifeste rien à cet égard , toujours pas ..

    Elle va bien, cherche du travail, s’occupe de ses enfants,  se passionne pour la musique bretonne

    Chloé aime sa vie, a vaincu ses démons, a traversé  un drame, elle en parle aisément, avec une écriture forte et  sereine, j’aime nos mots, son écriture, ses gestes touchants et sincères

    C’était  un soir d’hiver Ellen au collège à cette époque là, participe à une comédie musicale, » les Misérables », et par le plus grand des hasards,  les élèves doivent se déplacer avec une troupe d’un village  voisin, dans la commune où vit Chloé

    Je l’informe par mail,  elle s’en réjouit, m’affirme  qu’elle  viendra avec ses enfants. Quelques jours plus tard ,  je  me dois véhiculer Ellen et ses copines dans ce village d’Ille et Vilaine( sacrée épopée !) , je ne dis rien à mon amie ,  si elle vient , tant mieux ,  si non , je n’y pense pas ..

    Je me souviens des palpitations de mon cœur en l’installant sur les sièges de plastique de la salle des fêtes éclairées par des néons agressifs

    A la porte , je vois une famille s’installer  , des enfants blonds , je les reconnait tout de suite , et puis  elle , mon amie ,  celle que j’ai tant aimée , que j’aimais toujours , quinze années s’étaient écoulées , déjà 15 ans que nous nous étions plus vues

    Elle  était confuse , «  tu ne m’avais pas dit que … » ,  et j’avais bien fait ,  il me fallait comprendre ,  nous vivions a quelques kilomètres , avions des échanges épistolaires chaleureux , alors pourquoi ne pas se revoir , au moins une fois

    Nous nous sommes assises l’une auprès de l’autre et durant toute la  représentation,  nous avons bavardé, rit, nous étions bien, tellement bien,  ce moment était précieux

    Mais....le temps avait passé,  elle ne l’aimait pas ce temps qui passe, j’en avais qu’à faire de quelques rides et kilos de trop….

     De trop … pour elle

    Nous nous sommes séparées en fin de soirée, j’ai repris ma voiture et on s’est fait de grands saluts sur le bord de la route, émue, très émues.

    Je ne  l’ai jamais  revue.

    Elle a quitté la Bretagne qu’elle aimait tant, elle  m’a donné sa nouvelle adresse, je ne lui écrit plus, elle m’envoie des messages, des blagues, diaporamas via le Net, des  trucs que je ne prends pas la peine d’ouvrir  la plupart du temps

    Quand Sapq  a écrit un billet sur  Thiefaine  sur son blog,  quand j’ai réécouté « Mathématiques Souterraines »  tout est remonté,  si fort, j’ai hésité à écrire, et publier ce billet qui  vacillait dans ma tête depuis un moment

    Je ne peux oublier cette amie,  ce qu’elle représente encore pour moi,  je connais  ses fragilités,  j’ai appris avec le temps à dompter les maux du cœur, si imprévisibles

    Je lui ai juste envoyé un mail pour lui dire qu’au concert de Rennes, j’ai pensé à fort à elle

    Sans réponse, trop dur pour elle, c’est surement ça …

    Je ne t’en veux pas