Chez nous, gens simples, petites gens comme on dit, le vocabulaire était simple
Mes parents ne parlaient pas le patois avec nous, un peu quand ils étaient avec des vrais manchots du haut de la Manche, mais ni entre eux, ni avec leurs enfants
Jean Denis, un cousin qui était dans notre école communale, ne parvenait guère à se débarrasser de son patois natal
Le maitre se moquait de lui, il ne se montrait pas toujours bienveillant à ce égard, il aurait peut être du tout simplement lui faire réciter des histoires en patois, mais lui dire qu’il devait s’efforcer de bien causer le français, il a conservé encore son accent normand et use de mots patois dans ses conversations courantes
Je comprends bien le patois , c’est rigolo , parfois je m’amuse à sortir des mots totalement incompréhensibles à Jérôme , mots , que j’aurais bien du mal à écrire ici
Exemple : etchurfoux (je vous laisse soin de trouver)
Chez nous , certains mots étaient ignorés , remplacés depuis des décennies par d’autres , les mots corrects , ça faisait snob , riche , je les découvrait dans les livres , on comprenait bien sur la signification mais ne les utilisait pas
Ainsi, on ne disait jamais du porc mais du cochon,
Une truie, mais une coche
Un pot, jamais un vase, vase, quel grand mot !
Un clos au lieu d’un champ
Une carte à la place d’un cartable
Pouque pour sac
Goutte pour eau de vie ou calva
Bique pour chèvre
Barrière pour portail …..
Certains mots n’étaient jamais utilisés
Art, basse cour, chenil.....
Mon oncle Félicien parle encore patois
Un jour, il avait dit au sujet d’un voisin qui visiblement avait des soucis d’endettement
‘Il est à t’chu ! «
Pour « emmerder Giscard « certains agriculteurs avaient refusé de passer à l’heure d’été, mais comme ils avaient déjà une heure de décalage avec les autres, ils cumulaient deux heures !
On disait d’eux qu’ils étaient restés « à la vulle « (à la vieille)
Ça posait de gros problèmes pour les enfants scolarisés parfois qui arrivaient souvent en retard !
Chaque région est plutôt fier de son accent, de ses expressions locales, « la pelle à ch’nis « de Franche Comté, pour exemple
Les migrations ont peu à peu enterré les dialectes locaux, si le patois normand est resté longtemps dans la Manche, c’est certainement par ce que ce département est insulaire, on y né, on y meurt !
Au marché de Bricquebec , on cause encore bien le patois , pire encore , les vendeurs et acheteurs parlent en anciens francs , soit 50 francs = 5000 francs , faut ensuite convertir en euros , c’est du boulot
Ça amuse les touristes, ça fait marcher le commerce, c’est d’un autre temps ….
photo du Net