A 17 heures je libère mes stagiaires, puis je range mes dossiers, ma trousse, j’efface mon tableau, et je ferme à clé la porte de la salle de cours
Je descends les trois étages, je ne croise personne, je ne connais personne, c’est un gain de temps au moins , je monte dans ma voiture et je m’arrête déposer la clé à l’accueil
A 17 heures 10 je suis devant le portail de l’école, il n’y a plus de voitures ni de taxis ambulances dans la ruelle
Je croise quelques parents, mais je ne m’arrête jamais, je ne les connais pas, pas envie de m’attarder
Je monte vers la salle de l’étude et je souris à ma Rose qui me lance un clin d’œil de satisfaction
Chaque retrouvaille compte
Après avoir dit au revoir à mademoiselle Jordone ,nous prenons le vieil escalier de bois grinçant et nous dirigeons vers la voiture , je roule un peu , passe devant chez Paul , surveille la camionnette et à 17 h 20 je suis à la maison
J’ai de la chance
J’ai encore du temps devant moi, beaucoup de temps
Souvent je vais dehors, enfermée après 8 heures de face à face, j’ai besoin d’air
Les chats virevoltent, Mark arrive affamé
Je pense à ce que je vais cuisiner, je fais un peu de rangement, je lis mes mails, vos commentaires
J’ai de la chance
Mon lieu de travail, l’école de Rose, et la maison, sont dans le même quartier
Enorme privilège …..