Ce matin là je vais chercher Rose qui a répété dans la salle polyvalente pour un concert choral prévu le soir
J’ouvre la lourde porte sur le côté, et je pénètre dans cette grande salle, et voilà que ….
Je me retrouve subitement envahie
Envahie par l’odeur de la poussière
Envahie par le bruit des pieds des gamins qui piétinent sur les praticables
Envahie par l’ambiance d’avant spectacle
Par le son des machines soufflantes …
émue , je sens les larmes qui montent , c’est une sensation indescriptible , me voilà plongée dans un monde familier et rare à la fois , toutes ces rendez vous pour la balance son , toutes ces fois ou nous avons vécu des moments d’une rare intensité dans cette même salle , j’en oublie les concerts des autres , là où j’ai vu Renaud tremblant , Jean Louis Aubert dynamité , Souchon , Voulzy , Julien Clerc , là même ou nous avions fêté la victoire …
Pourquoi donc ais je cette sensibilité là, à fleur de peau ?
J’avais vécu un moment similaire lorsque j’étais allée visiter le self du collège avec Ellen il y a quelques années
Les odeurs de détergeant mêlés au gras, une odeur de cuisine, de cantine qui m’avait ramenée au collège de cette Zup dans les années 70 avec les cris, les bousculades, les fracas de cette enfance volatilisée, passage nécessaire mais trop violent
J’en avais pleuré 
Les odeurs de l’hôpital me ramènent à la naissance des enfants, les cuisines de collectivité à me colos, le goémon a mes promenades au bord de la Manche, les orangers à mes escapades du sud
On ne choisit pas de m’émouvoir à outrance, il ne faut pas chercher à refouler ses émotions, elles nous gagnent pour mieux vibrer encore des événements de la vie
Elles remontent en surface brusquement et repartent aussi vite …
En retournant au concert le soir, la sensation avait totalement disparu …