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  • Scène peu banale de votation

     

     

    Isoloir.jpgDimanche,  11h30, au bureau de vote,  une dizaine de personnes devant nous, on va patienter

    Jérôme sort de l’isoloir quand tout à coup Monsieur Gronchon, tout endimanché, cheveux blancs bien coiffés l’interpelle

    «  Hé, c’est trop facile, et la file d’attente là ! « 

    Stupéfait, Jérôme  lui fait comprendre qu’il a repris sa place  de départ

    L’homme bougonne encore plus, convaincu que mon homme a grugé

    Je me retourne, et lui adresse un grand sourire

    « Hé, vous n’inquiétez pas, y’en aura pour tout le monde « 

    Pas content, il continue à grogner 

    Et moi, hilare, je lui dis

    «  C’est grotesque, prenez ma place  si vous voulez ! « 

    J’avais vérifié que l’homme n’avait ni jambe de bois, ni pied mariton  Madeleine !

    Les gens autour de nous rigolent doucement

    Il décline mon offre , vexé

    Je ne supporte pas  les hargneux, la mauvaise fois, la suspicion gratuite, le conflit non justifié

    Il m’agace, il a tord

    Comment croire, que,  dans un bureau de vote, quelqu’un chercherai  à gruger dans la file d’attente, c’est  dingue, c’est navrant, affligeant

    Mais je suis fière de moi,  monsieur Gronchon capitule

    Et de temps en temps,  je lui lance un regard caustique, il n’ose plus regarder vers nous

    Il a eu tord, il n’a pas eu le courage de s’excuser

    Devant l’urne, la femme assise pour vérifier  les cartes et identités, me lance un regard complice et amusé

    «  À voté « !