Donc, à l’époque de Marie Claire Pichaud , je menais une enfance plutôt paisible, pas forcement confortable mais paisible
Pas de livres, peu de sorties mais une maison remplie d’animaux
Un jour, mon père avait sorti du coffre de son ami 8 bleue une biquette qu’il avait été cherché chez Alphonse, un retraité SNCF
La chèvre était pas commode, elle bêlait comme une dingue, et ne manquait pas de nous saluer avec de grands coups de corne
Chaque années, mon père emmenait la biquette au bouc et quelques mois plus tard, elle donnait naissance à trois biquets
Pas un, pas deux, toujours trois !
C’était le bonheur
Avec Flo et Louis , nous en choisissions un , et on l’apprivoisait pendant quelques mois
Ces bêtes là n’étaient pas farouches, elles avaient même tendance à être envahissantes
Un jour, les trois biquets étaient rentrés dans la maison, et en un éclair étaient grimpés sur le lit de mes parents
On avait tous, tous, beaucoup ri , surtout mon père
Les biquets grossissaient, et il fallait se rendre à l’évidence, ils allaient finir dans le congélateur
Je me planquais à l’étage le jour venu, mon père se chargeait des préparatifs
Nous mangions les biquets, ce n’était ni bon, ni mauvais
Dans les fermes, c’était ainsi, on tuait des lapins, des moutons, des cochons et on n’était pas traumatisés …
En triant quelques affaires, je suis tombée sur cette photo, et elle m’a émue
Je l’aimais beaucoup cette blouse à fleurs