Dimanche, j’ai vidé ma valise de tenues de scène
Je ne la vide jamais entièrement, je lave les vêtements après chaque spectacle, et le remet illico une fois secs avec les chaussures, les chèches, les bijoux … hors de question de tout disperser
Cette fois, j’ai tout rangé ailleurs
Un peu plus tard, j’ai regardé l’heure, je n’avais plus ma montre au poignet
Je me suis souvenue que je l’avais déposée la veille dans ma trousse de maquillage
Plus de trousse, elle n’était pas dans ma valise
Je l’avais donc oubliée dans la loge
Zut
Elle contenait du bon maquillage et ma montre
J’ai envoyé un message à Manu pour lui demander des conseils, pensant que peut être une des copines avait ramassé ma trousse
Et j’ai dormi, pensant appeler le lendemain, culpabilisant aussi de ne pas avoir fait les loges, avec Pierrot, on n’y a pas du tout pensé
En pleine nuit, je me suis demandé si ma trousse rouge n’était pas restée dans le sac de pique nique, un joli sac en tissus que Juliette m’a offert pour mon anniversaire
La nuit, parfois, je gamberge
Y’a la bonne et la mauvaise gamberge
Je refais le film de la semaine, je relis mes mots, parfois remplie de remords, de » je n’aurais pas du « tout prend des mesures irraisonnées
Il arrive même, dans des cas extrêmes d’avoir envie de disparaitre, changé de vie, de monde, recommencé ailleurs
Je ne pense pas forcément au pire, à la maladie, à la mort, je pense beaucoup trop à mes mots de trop
C’est étrange …
D’autant plus que je suis presque endormie, et je ne parle plus
Je n’ai jamais parlé en dormant
Louis hurlait beaucoup dans son sommeil quand il était jeune, c’était ahurissant
Je me souviens de lui parler depuis ma chambre, pour lui dire que tout allait bien, les cloisons étaient en carton
Le lendemain matin, je suis allée vérifier
La trousse de maquillage était bien dans le sac
J’ai remis ma montre au poignet