Un soir, avec Pierrot Bâton, nous devons nous rendre rive Gauche, dans les beaux quartiers de la ville, il faut garer la Mégane pas n’importe où et sans payer comme il se doit
« On va se mettre dans la rue de Tristan «
Ah oui, on va trouver.
Tristan possède une rue, il l’a achetée, comme au Monopoly, ben alors, ce n’est pas interdit ça ?
Ça me fait sourire.
Effectivement nous avons tendance à redistribuer, ou tout simplement s’attribuer, s’approprier les choses et les humains.
J’ai tellement entendu maint et mainte fois, mon père parlant de « la mère «
Par respect, lié à une époque, on ne disait pas Maman, ni ma mère
Certains copains, copines m’appellent la Jeanne
Rien de péjoratif venant d’eux, au contraire, un soupçon de popularité et d’affection
D’autres me nomment « ma petite Jeanne «, encore plus affectueux
Ma
Ta
Sa
Allons, allons, voilà qu’on chipote maintenant
« Personne ne t’appartient, tu n’appartiens à personne.. »
Ah la, je ne me pose pas ce genre de question, la seule chose que je ne veux pas c’est qu’on m’appelle par mon nom de famille, souvent réservé aux hommes d’ailleurs, surtout en politique, on dira Mitterrand, Giscard, Sarko, et plutôt Ségolène, Martine ou Rachida
Indignez-vous messieurs !
A quelqu’un qui m’est cher, je dis « mon ami «, je peux parler aisément de mon fils, mon mari, mon médecin, mais de la boulangère, du ramoneur, je n’ai pas de cardiologue ni vétérinaire attribué et tant mieux
En nommant un être proche, « mon, ma, « on marque le lien, tout simplement, l’attachement
Et rien de plus.
J’aime cette proximité, j’aime ceux qui osent par les mots confier leur amitié, leur amour.
Je le fais aussi, peut être pas assez en fait …
Rose m’appelle souvent Mamoune, peut être parce que Maman ne lui suffit pas pour montrer sa tendresse
Je l’appelle « mon ange, mon adorée … «