L’hiver s’en est allé
Ça ne se voit pas beaucoup … convenons en
La grippe a trainé, beaucoup de monde terrassé, fièvre, toux, pas grand-chose à faire, se soigner et patienter
Les enfants n’ont pas été malades de tout l’hiver
Rose a eu une toux sèche, qui est partie toute seule, avec un peu de fluidifiant
Mark, rien, à part quelques boutons d’acné que j’ai éradiqué à la pommade tee tree, miraculeuse !
Jérôme a été patraque au retour de Londres, toux, courbatures, mais pas d’arrêt de travail
Les chats sont en pleine forme aussi, the Queen Mimine qui a fêté ses 12 ans, elle n’a jamais vu le vétérinaire de sa vie, elle bouffe des restes, des croquettes et cajole ses chatons
La louloutte se porte comme un charme aussi
Et la Jeanne, idem !
Rien, pas de grippe, ni gastro, pas un mal de gorge, pas de lumbago, rien, niet
Même les allergies aux bouleaux sont minimes cette année, certainement à cause du froid, je ne prends même pas mon aérius quotidien alors que les autres années, je carburais à la ventoline
Aurais-je dompté les arbres du boulevard ?
Je suis impatiente de sortir mes géraniums qui ont bien résisté au gel de l’hiver
J’ai énormément de chance d’avoir une telle santé, d’être épargnée de tous maux, parfois je ne peux m’empêcher de penser qu’il y aura bien un jour un retour de bâton, mais je chasse ça vite fait, ça ne sert rien, on avisera le moment venu, vivons l’instant présent, à fond !
Autour le moi, je perçois les grandes blessures du cœur, plaies qui se referment peu à peu, mais qui au moindre petit choc s’ouvrent à nouveau, plongeant l’autre dans une profonde détresse, une solitude, un désarroi que personne ne peut saisir
La crise de la quarantaine, la crise de la cinquantaine ?
Y’a-t-il un âge pour traverser des turbulences ?
Parce que.dans tous ces chaos, le mal est en partie lié au désamour
Trahisons, passions, réveil de conscience, choix irrémédiables à faire.
Le reste est secondaire, l’équilibre de chacun est lié à l’amour de l’autre, celui que l’on donne, celui que l’on reçoit
Cela me replonge des années en arrière, où une toute petite voix me glissait dans le creux de l’oreille
« Jeanne, il te faudra patienter «
Semer, voir les graines lever, cueillir les plantes, en laisser, pour qu’à leur tour elles se transforment en graine
Il ne faut jamais tout arracher de colère et par dépit
Je saisis l’énorme chance de me savoir aimée, enveloppée
Je sens les tentacules humaines autour de moi, rassurantes, cajolantes
Aurais-je pu pressentir ça à 15 ans, à 20 ans ?
Saurais je préserver ça encore 10 ans, 30 ans. J’y crois
Je crois aux âmes aimantes, à ceux qui aiment en silence, de près, ou de loin …
Si mon corps lâche prise, je me ratatinerai en elles, hommes et femmes qui sont scellés à ma vie
Jusqu’au bout ….