Dimanche soir, peu après 21 heures, j’entends de drôles de bruits du côté du portail. Je m’approche discrètement, et aperçois de silhouettes juvéniles en train de jeter des pierres sur l’abri de bus
Allons, bon, auraient ‘ils perdu le sens civique, je regarde encore, ça continue, je me décide illico à leur raviver la mémoire
Je demande à Jérôme de m’accompagner discrètement, on ne sait jamais
« Vous faites quoi ? «
- Euh … ben
- « vous jetez des pierres sur le panneau, je vous ai vus ! »
- «pas sur le panneau, on n’a pas fait exprès, c’est sur la dame là
Encore mieux, jeter des pierres sur une femme, alors là, y’a un truc qui manque dans leur relations sociales, n’ont pas tout compris les gamins, 15, 13, 12 ans ?
- Vous n’êtes pas bien, vous arrêtez ça tout de suite ou j’appelle la police
- C’est elle, elle nous traite, toute façon la Police é viendra pas
J’aperçois une pauvre femme avachie sur le banc, en train de s’enivrer, pathétique.
« Allez plus loin, laissez cette femme tranquille «
« Toute façon, c’est pas chez vous, c’est pô vot’ abri d’ bus «
« Exact, mais il appartient à tout le monde, vous partez, c’est une question de sens civique, arrêtez ça, c’est interdit «
Et là, leçon de morale, je leur dit que parfois des gestes peuvent aller loin, qu’ils sont jeunes, qu’il ne faut pas gâcher sa vie
Y’a en deux qui ne bronchent pas, mais le caïd veut toujours avoir raison
« Vous n’avez pas à me dire ce que je dois faire de ma vie «
« Mais si ! »
Ils décident de partir, je suis fière de moi, pas d’agressivité, je suis restée très calme et eux aussi
Ne faut pas laisser faire
Peut être qu’ils vont revenir, qu’ils voleront une aile de Panhard, tagueront le portail, peindront la louloutte en rose, mais. Pas question de se laisser envahir par la peur des représailles ou de la menace
Jérôme m’a félicité pour mon sang froid, et JC Decaux, hein, pas de vitre à remplacer là
Et sans Bicorne !